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Secteurs d'utilisation La cigarette est le principal débouché du tabac brut. Elle représente en effet 90% des utilisations mondiales, ne laissant ainsi que 10% pour les cigares, tabacs à priser, à chiquer et les bidis. Ces différentes formes d'utilisation des tabacs dits, avec ou sans fumée sont examinées ci-dessous.
Les cigarettes : premier débouché du tabac brut
Source : Secrétariat de la CNUCED La description générale d'une cigarette est la suivante : "petit boudin de tabac haché entouré d'une feuille de papier fin". Cette définition résume assez superficiellement ce qu'est réellement une cigarette et la complexité de sa fabrication. Processus général de fabrication d'une cigarette
Source : Secrétariat de la CNUCED Toute production de ce type commence dans un premier temps par trois étapes fondamentales dont va dépendre la qualité du produit final et qui sont : sa culture, sa récolte (partie culture) et son séchage (partie filière). Chacune de ces phases est détaillée dans les parties indiquées entre parenthèses. Les phases ultérieures de la fabrication sont décrites ci-dessous. Les feuilles arrivent généralement à l'usine de transformation sous la forme de balles d'une cinquantaine de kilos environ. Elles peuvent parfois être beaucoup plus lourdes comme aux États-Unis où le poids des balles est souvent plus proche de 200kg. Dès leur arrivée, les feuilles entières sont réhumidifiées à la vapeur, puis battues. Les feuilles sont ensuite hachées par le biais d'un instrument muni de dents effectuant un mouvement rotatif, puis réparties en trois catégories : les côtes, les strips et le tissu foliaire par gravité grâce à des séparateurs pneumatiques. A la sortie du battage, la composition définitive de ce qui constituera dans quelques étapes le scaferlati est prête. Selon le goût que l'on cherche à donner à la cigarette : français, anglais, américain ou oriental, le mélange sera différent. Il arrive par exemple que les tabacs bruns notamment utilisés pour le goût français soient associés à de l'Orient afin de leur donner une saveur plus nuancée, c'est ce qu'on appelle couramment les tabacs bruns doux. Les mélanges anglais sont principalement composés de tabac Virginie, alors que les américains ont souvent recours à différentes variétés de tabac en associant par exemple du tabac Virginie à de l'Oriental et/ou du Burley. Une composition rassemble toujours plusieurs crus de tabacs (généralement plus d'une vingtaine) caractérisés soit par leur qualité gustative (tabacs de goût), soit par leur neutralité (tabacs de remplissage). Il arrive que du tabac reconstitué soit également ajouté (amalgame des débris et chutes diverses provenant soit de l'étape du battage, soit des chaînes de production). Ces chutes sont agglomérées, soit par le biais d'un passage dans une solution aqueuse qui est ensuite évaporée sous vide partiel, soit par le mélange avec une substance liante de type méthylcellulose. Une fois la composition effectuée, elle est humidifiée avant de passer à l'étape du sauçage qui va permettre d'attribuer à la cigarette des arômes et des goûts particuliers qui sont destinés à susciter l'intérêt du consommateur et de répondre à ses préférences. On peut à ce stade distinguer deux techniques selon les variétés de tabac employées : le casing et le toasting. La différence entre ces deux processus réside dans le fait qu'après avoir été saucés, c'est à dire après que l'on ait ajouté les sucres, agents de saveur et arômes au tabac, ceux de type Burley sont mis à cuire dans un grand four à une température avoisinant les 150°C afin de leur donner leur arôme caractéristique. Vient ensuite l'étape du hachage, c'est à dire de la réduction du tabac en fines lamelles, qui seront ensuite séchées jusqu'à atteindre un taux d'humidité situé aux alentours de 13% à 14% ou torréfiées le cas échéant (mélanges bruns). Pour ces derniers, le taux d'humidité final sera très légèrement supérieur (entre 15% et 16%). Cette étape est déterminante pour une bonne homogénéité du boudin de tabac. La dernière étape avant le conditionnement est la flavorisation du tabac. Les ingrédients utilisés pour réaliser cette opération sont des additifs, agents de saveurs, arômes ou essences de vanille, de chocolat ou de menthol, notamment pour les cigarettes blondes. Toujours selon le goût que l'on souhaite attribuer à la cigarette, ceux-ci pourront représenter jusqu'au dixième du poids du mélange ou être inexistants pour les tabacs bruns notamment, à cet instant le scaferlati est prêt. Il peut alors être employé directement pour du tabac à priser (pipes), à chiquer ou dans des cigarettes à rouler. Dans le cas des cigarettes industrielles, le scaferlati va être déposé de manière continue et uniforme sur une bande de papier refermée ensuite par encollage dans le sens de la longueur, puis découpée à la dimension requise (souvent entre 80mm et 120mm). On ajoute ensuite le filtre que l'on attache à la cigarette grâce à la manchette. On obtient alors deux cigarettes quasiment terminées, reliées par le même filtre qu'il suffira de trancher pour les séparer. La cigarette est terminée, reste alors à la conditionner en paquet le plus souvent de dix, vingt ou vingt-cinq, puis en cartouches (de dix paquets) et en cartons prêts pour l'expédition. Depuis le début des année 1950, la composition des cigarettes a très fortement évolué. Tout d'abord avec la commercialisation de la première cigarette/filtre en 1952 et l'introduction de l'utilisation de nouveaux papiers à cigarette. "...Les rendements moyens en goudron et en nicotine sont respectivement passés de 38 mg de goudron et 2,7 mg de nicotine en 1954 à 12 mg et 0,95 mg en 1997 sur le marché américain...". Aujourd'hui, le papier à cigarette est en principe assez fin (entre 15 et 30g/m2 environ) et de couleur blanche (sauf pour les cigarettes maïs notamment) avec ou sans filigrane à la surface. Le papier généralement à base de pâte à papier chimique* a pour objet de répondre à deux impératifs. Il doit tout d'abord assurer une bonne combustibilité de la cigarette tout en maintenant fermement le tabac contenu à l'intérieur et assurer grâce à son degré de porosité, une certaine circulation de l'air. Entre le filtre et le corps de la cigarette est apposé le timbre. Le filtre quant à lui est composé d'un papier de recouvrement, un papier de gainage et d'un filtre à proprement parlé, le plus souvent en acétate de cellulose qui a vocation à réduire la quantité de fumée aspirée par le fumeur en modifiant notamment son degré de tirage soit par le biais de l'introduction de particules de charbon-actif dans le filtre, soit par l'adaptation d'un système de ventilation filtre/cigarette. Depuis les années 1960, l'étude de la composition des cigarettes fait apparaître une chute drastique de leur teneur en tabac au profit de l'adjonction de substances diverses. A titre d'exemple, l'Organisation mondiale de la santé dans son document "The Tobacco Atlas", publie les résultats suivants : Poids de feuilles de tabac utilisées en livres pour mille cigarettes aux États-Unis entre 1960 et 2000
Source : Organisation mondiale de la santé - Tobacco Atlas
Les débouchés secondaires : cigares, tabac à priser et à chiquer, bidis Alors que l'utilisation du tabac dans les cigares ou dans les bidis requièrent une transformation différente de celle de la cigarette, aucune transformation depuis le scaferlati n'est nécessaire pour consommer le tabac à priser ou à chiquer hormis un hachage plus grossier du tabac et un taux d'humidité plus élevé (en général de 17% pour les tabacs à pipe à 19% pour ceux à rouler). Contrairement à ce qu'exprime la définition littérale du verbe priser : action d'aspirer quelque chose par le nez, il est très rare que le tabac soit encore utilisé de cette manière. On classe plus largement dans cette catégorie le fumage de la pipe que le consommateur bourre de scaferlati, ainsi que la succion sans mastication du jus de sachets ou de boulettes de tabac sèches ou humidifiées, que le consommateur place dans la partie inférieure de la bouche entre la gencive et la joue. Le tabac à chiquer peut être pour sa part consommé par le biais de feuilles de tabac placées dans la bouche et mastiquées. Il n'est pas rare que ces deux formes de tabac soit fortement flavorisées, parfois davantage que ce qui est de coutûme pour l'aromatisation des cigarettes. La prise de conscience internationale des méfaits du tabac sur les fumeurs, mais aussi sur les non-fumeurs fait qu'aujourd'hui les espaces qui étaient autrefois réservés aux premiers se réduisent. Les tabacs à priser et à chiquer représentent en l'occurrence une alternative qui charme de plus en plus de consommateurs à l'instar de tous les autres modes de consommation sans fumée (spit tobacco en anglais). Pour autant, l'absence de fumée n'est pas synonyme d'absence de danger. En effet, une analyse publiée par le Service médical du Ministère de la défense canadien précise que les risques de cancer de la cavité buccale seraient entre deux et onze fois plus élevés chez la personne qui chique ou prise que chez le non-fumeur et que la dose de nicotine contenue dans ces types de produits serait près de quatre fois plus élevée que pour une cigarette "normale". En outre, ce comportement engendrerait des problèmes plus importants de caries, de leucoplasies* ou de périodontite**. * Les leucoplasies (ou leucokératoses) sont des affections qui
sont reconnaissables à une série de plaques blanchâtres,
épaisses et sèches apparaissant sur la joue, la gencive
ou la langue. Elles sont à surveiller de près car elles
peuvent parfois devenir cancéreuses (dans environ 5% des cas).
Pour de plus amples informations sur les conséquences sur la santé, du tabac sans fumée, se référer au site internet canadien d'Info-tabac et plus particulièrement à l'article du bulletin n°22 d'octobre 1998 intitulé " tabac sans fumée" = danger.
La culture du tabac pour la fabrication de cigares est principalement concentrée dans les Caraïbes (Cuba et République Dominicaine, notamment) et en Amérique Latine (Brésil, Colombie) ; des États souvent hispanophones. C'est la raison pour laquelle la cueillette des plants de tabacs possède parfois un vocabulaire spécifique. On parle notamment de cueillette libra de pie pour celle qui concerne les feuilles les plus basses, puis en remontant vers le sommet de la plante, de uno y medio, de centro ligero, de centro fino, de centro gordo et finalement de corona pour le sommet de la plante. Le cigare est fait à partir de tabacs séchés au soleil ou fermentés. Qu'il soit cigarillos, manille ou double corona, le cigare se présente la majeure partie du temps sous une forme cylindrique avec à une extrémité la tête, que le fumeur va couper soigneusement et mettra en bouche, à l'autre, un pied et entre les deux le corps. Si on l'ouvrait en deux, on pourrait observer trois grandes parties : la cape, la sous-cape et la tripe. Au coeur du cigare, on trouve tout d'abord la partie la plus gustative : la tripe (filler en anglais). C'est un enchevêtrement de feuilles auxquelles on a retiré leur côte après humidification et placées parallèlement puis repliées en forme d'accordéon. Tout le secret des bons cigares, leur bonne combustibilité, leur force et surtout la pérennité de leur goût résident dans une recette immuable associant plusieurs tabacs d'origine, d'intensité et d'arômes différents. Après avoir laissé le paquet ainsi constitué pendant quelques jours dans un moule afin de le préformer, on le recouvre d'une feuille large, assez épaisse et résistante : la sous-cape appelée aussi "capote" (binder en anglais). Celle-ci est réalisée grâce à la superposition de deux demi-feuilles (en principe celle du sommet du plant) qui sont enroulées en sens opposé afin de maintenir fermement le cigare. A la fin de cette opération, on obtient ce qui est communément appelé : la poupée. La cape (ou wrapper en anglais) vient alors s'enrouler par dessus. Elle est la partie externe du cigare, celle qui va lui donner son aspect général, attirer l'oeil du consommateur. Ceci explique pourquoi on utilise, pour la réaliser, les plus belles feuilles de la plante, mais aussi les plus délicates et les plus fines. Cette partie possède en outre une influence substantielle sur la bonne combustibilité du cigare. Elle revêt une importance telle que dans certains États, à l'instar de Cuba, ont choisi de protéger les récoltes des rayons du soleil à l'aide d'un "tapado" qui est un voile de mousseline suspendu au dessus de la plantation. Il existe une dizaine de qualités de capes différentes réparties selon leur coloration et la manière dont elles ont été cultivées. On distingue notamment les capes dont la coloration est très subtile (ligero), celles qui présentent un goût de faible intensité (volado), les luisantes (viso), celles dont la teinte est plutôt jaune (amarillo), les moyennes (medio tiempo), les sèches (seco) et finalement les brisées (quebrado). L'étape finale de la fabrication d'un cigare réside dans sa coupe à la bonne longueur et l'apposition de la bague indiquant son nom. Ils sont ensuite entreposés dans une pièce pendant un ou deux mois afin d'uniformiser leur hygrométrie. Le consommateur averti le gardera, lui, dans une boîte spécialement dédiée à sa conservation : l'humidor. Pour de plus amples informations concernant les étapes amonts et en particulier celle du séchage (qui est identique dans le principe à celle des cigarettes), se reporter à la partie "filière" de cette fiche.
Les bidis (ou bidies) sont constitués d'une faible quantité de tabac roulé à la main à l'intérieur d'une feuille. La plus grande partie de la production a lieu en Inde où ils sont fabriqués par les castes les plus basses et le plus souvent les femmes et les enfants. Contrairement à leur taille assez faible et à leur image de produit naturel ; donc paraissant moins dangereux que la cigarette industrielle, le bidis est loin d'être innocent. En effet, sa taille réduite et la méthode de roulage employée ne permet pas une répartition équilibrée du tabac, ce qui oblige le fumeur à aspirer davantage pour le garder allumé et donc à inhaler beaucoup plus profondément la fumée. En outre, le bidis étant entouré d'une feuille de tabac et non de papier, il est moins perméable à l'air que la cigarette et donc ne facilite pas la ventilation et la réduction des goudrons. La dernière différence majeure qui existe entre les cigarettes et les bidis est l'absence totale de filtre dans ces derniers. Grâce à son caractère "mode" (c'est un produit ethnique et naturel qui offre des goûts très différents : mangue, fraise, framboise, noix de coco, chocolat, cannelle, orange) et à son prix de vente assez bas, ce produit attire une population au revenu assez faible (les jeunes par exemple). |
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