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Politiques économiques - Les politiques de lutte contre
le tabagisme mises en place au plan international : la Convention-cadre
internationale sur le contrôle du tabac (CCCT) de l'Organisation
mondiale de la santé Les politiques de lutte contre le tabagisme mises en place au plan international : la Convention-cadre internationale sur le contrôle du tabac (CCCT) de l'Organisation mondiale de la santé
Au cours de son Assemblée annuelle de 1999, l'Organisation mondiale
de la santé a adopté par consensus, la résolution
52.18 qui établit un processus politique de négociation
en deux étapes : Après plusieurs réunions de travail, la Convention cadre a été soumise à l'adoption de l'Assemblée mondiale de la Santé et a été adoptée à l'unanimité par les 192 membres de lOMS le 21 mai 2003. La Convention est entrée en vigueur le 27 février 2005 et lie dorénavant cinquante cinq pays qui l'ont ratifiée. L'objectif de cette Convention et de ses Protocoles est de protéger les générations contemporaines et futures des conséquences sanitaires, sociales, environnementales et économiques dévastatrices pouvant être engendrées par la consommation et l'exposition à la fumée de tabac. Elle fournit un ensemble de mesures de contrôle du tabac à mettre en place par les parties aux niveaux national, régional et international afin de réduire de manière continue et substantielle l'utilisation du tabac et l'exposition à sa fumée. Parmi les dispositions principales de ce texte on trouve des mesures visant à la réduction de la demande, ainsi qu'un autre jeu qui devrait permettre à terme de limiter l'offre de tabac.
- Les facteurs pouvant favorablement influencer la baisse de la demande Parmi ceux-ci, on trouve notamment des mesures fiscales telles que l'augmentation des taxes perçues sur les paquets et par conséquent, l'augmentation du prix au consommateur ou la limitation du commerce détaxé (voyages). Toutefois, selon les connaissances issues notamment des études internationales, ces mesures sont efficaces, mais pas suffisantes. Elles doivent être accompagnées de mesures qualitatives telles que l'établissement d'une législation restreignant l'usage de tabac dans les lieux publics (lieux de travail, transports publics, autres lieux publics fermés, ainsi que tout autre lieu jugé utile). Des études doivent également être menées quant au contenu et au niveau d'émissions des produits du tabac. A la suite de quoi, des dispositions tant législatives, qu'administratives pourront être adoptées afin de tester des produits du tabac. Concernant l'emballage et l'étiquetage des paquets de tabac, les États membres à la Convention devront dans un délai de trois ans suivant l'adoption du dit texte, adapter leur législation nationale au mieux afin que ni l'emballage, ni l'étiquetage de tout produit du tabac ne puissent véhiculer de quelques manières que ce soit une image fausse, trompeuse ou pouvant conduire à une mauvaise appréhension du produit, de ses caractéristiques, de ses effets sanitaires, des risques encourus par sa consommation ou l'émission de fumée. Cet avertissement ne devra pas non plus comporter d'expression pouvant amener le fumeur à penser qu'il prend moins de risque avec tel ou tel type de produits du tabac. Les emballages ne devront donc pas mentionner des idées ayant trait à la faible teneur en goudrons du tabac, ni les messages suivants : "légères" (light), "ultra-légères" (ultra-light) ou "doux" (mild), mais indiquer par contre la composition exacte du produit. Ces avertissements devront être inscrits sur chacun des paquets dans la ou les langues nationales. Ils devront être clairs, représenter au moins 50% de la zone d'affichage principal et en aucun cas moins de 30% de l'affichage total. La communauté internationale est actuellement sur la voie d'une interdiction complète de la publicité, du parrainage et de la promotion de toutes sortes de marques de tabac. Dans son article 13 al. 2, la CCCT y fait allusion en indiquant que la décision de l'interdiction ou de l'importante limitation de la publicité du tabac devra être faite en fonction de ses spécificités internes, de sa Constitution et des principes constitutionnels qui le régisse. Finalement, dans son dernier article relatif aux mesures pouvant amener la consommation de tabac à baisser par le biais d'une limitation de la demande, la CCCT prévoit une palette d'instruments mis à la disposition des États afin d'inciter les consommateurs nationaux à cesser de fumer. Pour cela, des campagnes d'incitation pourront être menées auprès de lieux ciblés tels que des installations sportives, des lieux de travail ou d'enseignement, des structures médicales, etc. Pour de plus amples informations sur cette partie, se reporter aux
documents suivants : - Les facteurs pouvant influencer une limitation de l'offre Dans son article 15 de la partie IV, la CCCT prévoit une disposition quant au commerce illicite des produits du tabac. Ce problème est en effet une question importante dans cette filière où la contrebande représente environ 1 cigarette importée sur 3 ("The tobacco atlas", Organisation mondiale de la santé fichier pdf taille : 1 MB). Ainsi, les parties à la Convention reconnaissent que l'élimination de toutes formes de commerce illicite de produits du tabac (y inclus la contrebande, la fabrication illicite et la contrefaçon) constitue un élément essentiel à son contrôle. En outre, il est important d'agir sur la question de la vente de tabacs aux mineurs. Pour cela, les paquets de tabac ne devront pas être placés directement à leur portée, soit dans les supermarchés, soit dans des distributeurs-automatiques par exemple. Dans les débits de tabac, un écriteau indiquant l'interdiction de vente de tabac aux mineurs devra être placé en évidence et en cas de doute, le vendeur devra s'assurer que l'acheteur apporte la preuve de sa majorité. Il est de même interdit de fabriquer et de commercialiser des cigarettes sous la forme de bonbons, d'en-cas, de jouets ou de toute autre forme d'objets pouvant inciter les mineurs à les acheter. Contrairement à ce qui a cours encore assez souvent, les pays développés ne faisant pas exception à la règle, il sera désormais prohibé de distribuer à titre gratuit des produits du tabac aux mineurs et plus généralement au public. Le prix étant un effet dissuasif pour les mineurs notamment, la Convention-cadre cherche désormais à encourager l'interdiction ou la limitation de la commercialisation de produits du tabac à l'unité ou en petits paquets, afin d'en limiter l'accès aux mineurs. La CCCT encourage la mise en place d'un jeu de sanctions destiné à inciter l'application de ces diverses mesures par une majorité de pays. Le secteur du tabac est également une des premières sources de revenus et d'emplois pour un grand nombre de personnes qu'il soient cultivateurs ou membres de professions rattachées à la filière. En cela, il a semblé important d'envisager des solutions de remplacement économiquement viables pour ces différents acteurs. La Convention-cadre pour le contrôle du tabac a également vocation à servir de forum de discussion et d'échanges d'informations relatives aux effets sanitaires de la consommation de produits du tabac et de l'exposition à la fumée de tabac ainsi que des données relatives à la législation et à la réglementation en vigueur et sur la jurisprudence pertinente entre les différents acteurs du secteur. La convention a vocation à servir de support, voir à compléter les législations nationales et non à les remplacer. Cependant, rien n'empêche les Etats-membres de la Convention-cadre d'appliquer des dispositions plus strictes que celles prévues par le texte international. Organisation mondiale de la santé : Convention-cadre de lOMS pour la lutte antitabac. Pour accéder aux versions anglaise et espagnole, cliquer sur les liens respectifs de chacune de ces langues. Il est à noter qu'une telle législation est parfois difficile à mettre en place. En effet, dans certains pays, la culture du tabac est une des premières sources d'entrée de devises. Tel est le cas pour le Malawi où les recettes d'exportation tirées du tabac ont représenté entre 1990 et 1997, entre 60% et 80% des recettes agricoles totales. Au Zimbabwe, premier exportateur africain de tabac, ce produit de base représente environ 30% des recettes d'exportation totales, ce qui place ce secteur devant l'or qui ne compte que pour un peu plus de 10%. Ce secteur est souvent également une source essentielle d'emplois et une diminution forte de la demande pourrait conduire à des coupes drastiques à ce niveau et avoir divers impacts socio-économiques dans les pays producteurs. D'après les chiffres publiés par le Bureau international du travail dans son document "les tendances de l'emploi dans le secteur du tabac : défis et perspectives", le nombre d'emplois total dans le secteur tabatier ainsi que ceux découlant des activités connexes serait de 100 millions de personnes à ce jour dont 90% situés dans les pays en développement. Ce sont donc ces pays qui seront les principaux touchés par les politiques de lutte anti-tabac. Quelques éléments de politiques nationales A bien des égards, le tabac représente une filière importante pour les pays qu'ils soient producteurs ou consommateurs. D'une part, il engendre des recettes fiscales non négligeables (T.V.A, droits d'acise, etc) et d'autre part il peut avoir de lourdes conséquences tant sur le plan de la santé, que de l'environnement. Sensibilisés à ces questions, de nombreux pays ont adopté un cadre réglementaire afin par exemple de limiter le tabagisme des adolescents et de freiner la consommation nationale (restriction de la publicité, augmentation des prix, avertissements sur les paquets, etc). Veuillez trouver ci-après quelques liens présentant un intérêt particulier quant aux comparaisons nationales. Comparaison pour la majorité des pays du monde de la proportion de taxes prélevée sur chaque paquet de cigarettes : chiffres de la Banque mondiale tirés de l'ouvrage "economics of tobacco". Du côté des grandes firmes de tabac, la riposte ne s'est pas faite attendre et a pris la forme notamment d'une explosion des ventes électroniques suivant ainsi la tendance mondiale initiée par l'internet. Par ce biais, elles parviennent à écouler des produits en passant outre les droits de douane ou les taxes éventuelles imposées par les différents États. Cette stratégie va directement à l'encontre de la tentative de protection des mineurs contre les effets néfastes du tabac. Sur ce support, aucun contrôle réel et fiable n'existe à ce jour quant à la publicité, à la commercialisation et à la promotion des produits du tabac. Il est même parfois difficile, voire impossible de localiser les vendeurs. La majorité est installée en Europe ou aux États-Unis. Toutefois, il arrive que ces agences de commercialisation se situent dans des pays tels que Chypre ou Panama. - Quelques exemples de législations antitabac nationale et régionale En Afrique du Sud : Au Canada : Aux États-Unis : En Europe : En France : Au Royaume-Uni : En Fédération de Russie : Pour de plus amples informations relatives à la législation
du tabac dans le monde et en particulier concernant les points ci-dessous,
se référer aux sites internet en cliquant sur les liens
en surbrillance : Les impacts sanitaires du tabagisme La cigarette est le principal débouché des feuilles de tabac à travers le monde avec les neuf dixièmes des utilisations mondiales de tabac brut. Afin de renforcer les efforts de sensibilisation en ligne avec les décisions prises actuellement dans le cadre de l'OMS, l'impact de la cigarette manufacturée sur la santé humaine est présenté. En effet, celle-ci est en réalité le seul produit dérivé du tabac à bénéficier internationalement d'un grand nombre d'études. Cet intérêt particulier s'explique notamment par le fait que ce produit soit standardisé et puisse donc subir des tests plus fiables que les cigarettes roulées par exemple ou les bidis qui sont assemblées à la main et sont donc différentes d'un rouleur à l'autre. D'après des chiffres publiés par l'Organisation mondiale de la santé dans son "Atlas maps global tobacco epidemic", plus du cinquième de la population adolescente entre 13 et 15 ans fumait en 2001 dans plus de vingt pays du monde, sur tous les continents et parmi les adolescents qui consomment des cigarettes, environ le quart a moins de 10 ans. Ceci montre qu'une grande partie des adultes qui fument aujourd'hui a commencé avant d'atteindre sa majorité. En ce qui concerne la population adulte, ils sont près d'un milliard d'hommes à fumer quotidiennement, ce qui représente plus du tiers de la gent masculine dans les pays développés et la moitié dans les pays en développement (dont plus de 300 millions rien que sur le territoire chinois). Pour les femmes, elles sont quatre fois moins nombreuses à consommer de ce produit chaque jour, mais comptent tout de même pour 250 millions d'individus dont 22% des femmes dans les pays développés et 9% dans les pays en développement. La part des femmes dans la population des fumeurs tend également à s'accroître de manière importante (dans ces chiffres ne sont pas inclues les personnes consommant du tabac sous une autre forme : celle de tabac à chiquer par exemple). Les données seraient un peu différentes car, dans le sud-est asiatique, les femmes chiquent plus qu'elles ne fument. Non seulement les femmes sont moins nombreuses à fumer, mais elles fument généralement moins que les hommes, sauf dans certains pays où à l'instar de la Suède, de la Norvège ou de la Nouvelle-Zélande, elles fument autant. Pour retrouver le document de l'Organisation mondiale de la santé dont sont extraits les chiffres indiqués ici, se reporter à la page internet de l'Initiative antitabac de l'OMS en cliquant ici. Les fumeurs passifs sont également touchés par les conséquences de la fumée de cigarette sur la santé. Le fumage passif ou tabagisme passif se définit comme l'action pour les non fumeurs d'inhaler involontairement de la fumée de cigarette constituée d'une part de la fumée secondaire, c'est à dire celle émise par la cigarette allumée entre deux bouffées du fumeur et d'autre part de l'air expiré par le fumeur. Cette forme de consommation involontaire présente des risques importants sur la santé des non fumeurs. Une étude récente menée par l'Organisation mondiale de la santé semblerait montrer qu'il existe un risque non négligeable de souffrir d'un cancer du poumon. Celui-ci serait de 16% supérieur chez les conjoints de fumeurs que dans un ménage de non-fumeur et de 17% sur le lieux de travail. Toutefois, les adultes ne sont pas les seuls à être exposés aux dangers de la cigarette. Les enfants le sont également (infections des oreilles, des poumons, aggravation de l'asthme, etc). Selon l'Organisation mondiale de la santé entre 29% et 69% des enfants à travers le monde sont exposés chez eux aux risques liés à la fumée passive (Tobacco Atlas : fiche 8, Passive Smoking). Il a même été prouvé que la consommation de cigarettes par une mère au cours de la période de grossesse pouvait engendrer des conséquences plus ou moins graves chez l'enfant tels qu'un poids moindre à la naissance (entre 200gr et 250gr de moins en moyenne), jusqu'à son décès prénatal (avortement, décès in utero, enfant mort-né, etc). Il semblerait que le tabagisme de la mère puisse être responsable dans certains cas de la mort subite du nourisson. Pour de plus amples informations concernant le tabagisme passif, consultez
les documents suivants : - Pour d'autres documents scientifiques relatifs au tabac passif, se reporter au site internet de l'Organisation mondiale de la santé à travers ce lien.
La liste des composants chimiques de la cigarette n'a été rendue publique qu'à la suite de plusieurs initiatives récentes menées afin d'améliorer la transparence du secteur. - Les principales composantes de la fumée de cigarette La fumée de cigarette provient presque exclusivement (95%) de la combustion incomplète des feuilles de tabac. Elle est constituée de particules solides, de gaz et de liquides de 3000 à 4000 composants différents dont les principaux sont les goudrons, la nicotine et le monoxyde de carbone. On trouve toutefois d'autres substances telles que l'azote, l'oxygène, le formaldéhyde, des hydrocarbures comme le benzène ou le benzopyrène, des amines aromatiques, des oxydes d'azote, de l'ammoniac, du plomb, de l'arsenic, du cyanure, du mercure, du formol, des nitrosamines, etc. Certains de ces éléments sont contenus naturellement dans les feuilles de tabac séchées, c'est le cas par exemple des insecticides et pesticides alors que d'autres sont formés par la combustion de la cigarette (l'acétone, par exemple), ou lui sont ajoutés comme les agents de blanchiment des cendres par exemple. L'éventail des composants est plus ou moins large et les quantités dispensées plus ou moins importantes selon le type et la marque de la cigarette et notamment : la qualité de tabac utilisé, son mode de séchage, la perméabilité du papier, la présence ou non d'un filtre et de sa capacité à limiter l'émission des éléments nocifs de la fumée, de la température de combustion de la cigarette, des additifs ajoutés au tabac lors de la fabrication de la cigarette, etc. Il faut en outre prendre en considération l'état de combustion de la cigarette. En effet, c'est au début de la combustion que les émanations sont les moins nocives, car à ce moment le boudin de tabac est encore entier et peut donc filtrer la transmission des différentes substances vers l'organisme. Les spécialistes distinguent généralement deux
types de fumée : la fumée primaire et la fumée
secondaire. La principale forme de fumée (primaire) est celle
créée lors de la prise d'une bouffée de tabac par
le fumeur. Le second type de fumée est celui qui émane
de la cigarette entre deux bouffées. Ces deux types de fumée
affichent des compositions différentes tant au niveau particulaire,
celles de la fumée secondaire sont plus petites que celles de
la fumée primaire, qu'au point de vue chimique. Ceci s'explique
notamment par le fait que les deux types d'émissions se forment
à des températures différentes et que l'une a été
filtrée et l'autre pas. - La nicotine (C10H14N2) La nicotine est le principal alcaloïde* présent dans le tabac, elle est assimilé très rapidement par l'organisme qui le transmet par voie sanguine au cerveau. La nicotine, bien qu'excessivement toxique pour l'Homme à partir d'une certaine dose est également un vecteur de sensations agréables et positives telles qu'un bien-être général et l'activation des fonctions cognitives. C'est le premier stade de dépendance du fumeur : la dépendance dite psychique. La nicotine est rapidement éliminée par l'organisme (en deux heures environ) et les effets positifs ressentis par le fumeur s'estompent alors simultanément ; ce qui incite le fumeur à rallumer une cigarette afin de maintenir constant l'effet ressenti et augmente ainsi sa dépendance. Avec le temps et des apports chroniques et prolongés de nicotine se produit un phénomène de tolérance qui conduit le consommateur à avoir besoin d'absorber des doses toujours plus importantes et/ou plus fréquentes de nicotine afin de ressentir les mêmes effets : c'est ce qu'on appelle plus généralement l'effet addictif de la nicotine qui mène à la dépendance physique du fumeur. A ce stade, les sensations agréables commencent à s'estomper au profit de l'expérience d'une sensation de manque qui se traduit par des périodes d'irritabilité, de réduction de la concentration et parfois de crises de boulimie. Un document publié par la Banque mondiale en avril 2000 et intitulé "Maîtriser l'épidémie - L'état et les aspects de la lutte contre le tabagisme (pdf taille 546 KB)" indique dans son chapitre 2 consacré aux conséquences du tabagisme sur la santé que "selon les dernières recherches, sur 100 fumeurs qui tentent de cesser de fumer seuls, 98 recommencent dans l'année". Cet extrait montre bien à quel point le caractère addictif de la cigarette et notamment la dépendance vis à vis de la nicotine est importante. * Alcaloïde : composé organique azoté et basique d'origine végétale au même titre que la quinine, la strychnine ou la morphine. - Le cas des cigarettes "légères" Les cigarettes légères ont reçu ce qualificatif car, à la sortie du filtre, elles affichent une teneur en nicotine et en goudrons plus faible que les cigarettes "normales", toutefois, ceci ne semble pas avoir d'influence prouvée sur l'innocuité de ce type de cigarettes. En effet, les chiffres de la décennie 1990, montrent qu'entre 1992 et 1998, la consommation mondiale de cigarettes "lights" à progresser de près de 5% représentant la dernière année 14% du marché mondial des cigarettes. La même tendance, bien que plus fortement marquée a été suivie par les cigarettes "super-lights" dont la progression a été de 13% entre 1992 et 1998 et compte aujourd'hui pour 7% de la consommation mondiale. Selon l'étude de la Banque mondiale ("Maîtriser lépidémie, létat et les aspects économiques de la lutte contre le tabagisme" 2000, pdf taille 546 KB), un des effets pervers de ces cigarettes serait l'augmentation du nombre quotidien de cigarettes consommées pour permettre d'atteindre un taux de nicotine équivalent aux cigarettes "normales". Ce n'est pas la cigarette qui permet de réduire la quantité de nicotine ingérée, mais le comportement et le mode de fumage de l'individu. En cela, les cigarettes légères n'ont de " légères " que le nom et présentent approximativement les mêmes dangers sanitaires que les autres.
- Impacts sur les fumeurs Même si les estimations menées sur ce thème divergent légèrement, elles se rejoignent pour dire que plus d'une cinquantaine d'éléments contenus dans la fumée de cigarette sont cancérigènes pour l'Homme et que les goudrons sont les principaux d'entre eux. Le tabagisme est responsable de 85% des cancers du poumon chez l'Homme. Dans le cas de ce type de cancer, c'est principalement le nombre d'années de consommation qui est le facteur de risque le plus élevé plutôt que la quantité de cigarettes consommée quotidiennement. Le cancer du poumon est la principale forme de cancer favorisé par une dépendance tabagique. Diffèrentes études montrent que le tabagisme est la première cause de cancer du poumon et que dans un tiers des cas, il est le vecteur principal de décès prématuré. Viennent ensuite les cancers de la bouche, du larynx, des bronches pour lequel le risque est multiplié par vingt chez un homme qui consomme un paquet de cigarettes par jour par rapport à un non-fumeur, de la vessie (multiplié par deux chez le fumeur), du rein, du pancréas, de l'sophage, de l'estomac et certains cancers de l'utérus (multiplié par plus de trois et le risque va en augmentant avec le nombre de cigarettes consommées). La consommation de cigarettes peut également à terme entraîner une dégradation des systèmes respiratoire et cardio-vasculaire*. De tels dommages peuvent être à l'origine de cas d'aggravation des asthmes, d'hypertension artérielle, d'hypercholestérolémie, de maladie thromboembolique, d'infarctus du myocarde (3 fois plus de risques), de bronchite chronique qui peut évoluer vers une insuffisance respiratoire grave ou d'emphysème pulmonaire par exemple, d'athérosclérose qui peuvent être à l'origine d'affections aiguës telles que les cardiopathies ischémiques, les accidents vasculaires cérébraux (ils sont multipliés par trois dans le cas des fumeurs), les artérites ou les ischémies aiguës des membres. La liste des maladies dont l'occurrence est renforcée par un état tabagique n'est pas exhaustive. En effet, le tabac peut également avoir d'autres impacts qui peuvent atteindre la fonction digestive du fumeur notamment. *La consommation de cigarettes peut conduire à terme à une situation d'hypoxie, c'est à dire à un mauvais transport de l'oygène dans le corps du fait du monoxyde de carbone qui se fixe sur l'hémoglobine du globule rouge à la place de l'oxygène. La nicotine conduit aussi à l'augmentation de la pression artérielle et du rythme cardiaque du fait du durcissement et de la réduction du diamètre des artères (c'est un vasoconstricteur puissant). La
nicotine s'attaque aussi aux neurones : INSERM (France) Alors que 4,2 millions d'individus sont décédés
en 2000 des conséquences du tabagisme, ce chiffre devrait au
rythme actuel de croissance atteindre 10 millions de morts en 2025 (tous
pays confondus), ce qui représente une part de 1 pour 6 en 2025
contre 1 pour 10 en 2000. Le tabagisme est responsable d'une surmortalité,
essentiellement due au cancer du poumon et aux maladies coronariennes,
dont un facteur favorisant est la consommation de tabac. En 1990, les
deux tiers des décès étaient constitués
par des hommes vivant au sein des pays occidentaux ou en Europe de l'Est.
Aujourd'hui, ce sont de plus en plus les femmes qui souffrent de ce
mal et la tendance quant aux zones géographiques touchées
s'inversent. Le phénomène se modifie à tel point
qu'en 2030, les différentes projections convergent pour estimer
que 70% des décès dus à la cigarette se situeront
dans des pays en développement et en particulier en Chine (Sources
: "Confronting
the tobacco epidemic in an era of trade liberalization" 2003,
Organisation mondiale de la santé, fichier pdf taille: 8,5 MB Le tabagisme est un problème de santé publique, mais également un problème qui peut toucher au développement. Santé précaire due aux maladies dont les fumeurs et leur entourage ont à souffrir, mais également à la malnutrition ou à la sous-nutrition qui résulte de l'emploi d'une part du revenu mensuel non négligeable dans le but d'acquérir des produits du tabac (quel que soit leur forme), plutôt que de l'utiliser pour la satisfaction des besoins physiologiques du ménage. Hors paradoxalement, c'est dans les classes les plus basses de la population et les moins éduqués que se développe la plus grande part des comportements tabagiques. Si l'on se penche sur les chiffres donnés par l'Organisation mondiale de la santé, on peut observer que l'achat d'un paquet de cigarettes représente l'équivalent de douze oeufs au Panama, de quatre paires de chaussettes en Chine, d'un kilo de poisson en France ou au Ghana et de six kilos de riz au Bangladesh. Pour de plus amples informations sur la problématique des coûts
engendrés par les fumeurs sur la société, se référer
au document de la Banque mondiale : "Maîtriser
l'épidémie - L'état et les aspects de la lutte
contre le tabagisme" publié en 2000 et accessible à
travers le lien en surbrillance, fichier pdf taille 546 KB. Ce document
existe également en version
anglaise fichier pdf taille 731 KB - Les cultivateurs de tabac Il existe également une maladie qui est susceptible de toucher les cultivateurs de tabac. Celle-ci a reçu le nom de Green Tobacco Sickness (GTS) ou maladie du tabac vert. Le GTS est inoculé par les feuilles au planteur à travers son épiderme. On conseille donc généralement à ceux-ci de porter des gants lors du ramassage. Les symptômes sont des maux de tête, des nausées, vomissements et étourdissements, des difficultés à respirer, des désordres de la pression artérielle et du rythme cardiaque ainsi que des irritations dans la zone entourant l'endroit qui a été en contact avec la plante. Une étude menée par le "National Institute for Occupational Safety and Health" aurait démontré une occurrence de cette maladie de 1% chez les travailleurs agricoles. Toutefois, il est à ce jour très difficile d'en connaître la portée exacte car elle est en outre souvent confondue avec un empoisonnement aux pesticides. Il semblerait qu'il existe des facteurs pouvant pousser un individu à commencer à fumer. Le fait d'appartenir à une cellule parentale dont un des membres au moins fume est un élément favorisant. En outre, la population la plus fragile, celle des jeunes est souvent séduite par l'image proposée par les grandes firmes de cigarettes. C'est la raison pour laquelle, au plan international, plusieurs pays ont déjà ou sont sur le point de mettre en place des réglementations interdisant la publicité de ces produits, mais également sont allés plus loin en prohibant le droit pour les compagnies de cigarettes, de promouvoir de quelque manière que ce soit leurs marques par le biais du parrainage d'événements sportifs par exemple. D'autres méthodes de lutte contre cette "épidémie" sembleraient avoir un impact sur le niveau de consommation. Ce sont principalement des prix dissuasifs du paquet de cigarettes et pour les jeunes, la restriction de l'accès. |
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