Pétrole

 

 

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Marché

- Production
- Consommation
- Echanges Internationaux
- Notes

Depuis le début du siècle dernier, le pétrole est devenu la source d'énergie la plus importante. Néanmoins, depuis les différentes crises qui ont secoué le marché du pétrole, d'autres sources d'énergie ont émergé. Ce développement est variable selon les politiques nationales. D'une manière globale, une tendance à la réduction de la part du pétrole dans la production énergétique mondiale se dégage comme l'illustre le graphique ci-dessous. Cette réduction se fait au profit du gaz naturel, un co-produit de l'exploitation du pétrole qui était autrefois gaspillé puisque brûlé sur les lieux d'extraction (il s'agissait des torchères qui n'existent plus aujourd'hui). Elle se fait aussi au profit de l'électricité dont l'origine énergétique peut être hydraulique, nucléaire, solaire, éolienne ou thermique (et dans ce cas l'énergie provient de la combustion d'un produit du pétrole ou du charbon).

Part des principales sources d'énergie dans la production mondiale d'énergie en pourcentage entre 1970 et 2005p

Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données du Département américain de l'énergie, Annual Energy Review 2007 (tableau 11.1, World Primary Energy Production by Source, 1970-2005)

Production

Traditionnellement la majeure partie de la production est le fait d'un petit nombre de pays. La décennie 1970 a marqué le début de la production pour de nouveaux pays : Norvège, Royaume Uni, Mexique, Nigéria, Rép. dém. pop. de Chine, etc. Deux facteurs expliquent ce phénomène. Le premier est relatif à la crise pétrolière de 1973 qui s'est traduite par une hausse du prix du brut, rendant ainsi rentable des gisements qui ne l'étaient pas jusqu'alors (du fait de coûts technologiques élevés). Le second tient plus au développement économique de certains pays (c'est par exemple le cas de la Rép. dém. pop. de Chine) et/ou à l'importance des investissements étrangers notamment dans le secteur pétrolier (c'est par exemple le cas du Nigéria).

Production de pétrole brut par principaux pays ou groupes de pays depuis 1960, en millions de barils par jour

Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données du Département américain de l'énergie, Annual Energy Review 2007 (Tableau 11.5 World Crude Oil Production, 1960-2007)

La consommation et la production mondiales de pétrole ont été multipliées par 3,5 entre 1960 et 2007. L'OPEP demeure la principale zone de production avec un peu moins de 30% de la production mondiale entre 1960 et 2007, malgré la progression importante de certains autres pays producteurs, les pays de l'OPEP renferment la plus grande partie des réserves de pétrole actuellement recensées sur la planète (voir description). En outre, leurs coûts de production sont les plus bas du marché avec environ 1$ par baril en Arabie Saoudite, contre près de 15 dollars américains en Mer du Nord. La part des différents pays dans la production mondiale (graphique ci-dessous) confirme ces observations.

La production de pétrole qui démarra dans les années 1970 dans plusieurs pays, tend à atteindre un maximum en terme de capacité. La production américaine décroît de manière importante (-1.5% par an environ). La Russie a suivi la même tendance jusqu'à la fin des années 1990 où la production a eu tendance à redémarrer. En l'espace d'une dizaine d'années, la part de la Russie dans la production mondiale a presque doublé passant de 8.7% en 1998 à 15.4% en 2007.

Part des différents producteurs dans la production mondiale de 1965 à 2007

Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données du Département américain de l'énergie, Annual Energy Review 2007 (Tableau 11.5 World Crude Oil Production, 1960-2007)

Production et consommation mondiales (en millions de barils par jour depuis 1970) et stocks mondiaux déclarés (en millions de barils depuis 1973)

Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données du Département américain de l'énergie, Annual Energy Review 2007 (Production : Tableau 11.5 World Crude Oil Production, 1960-2007, demande : Tableau 4.6 OECD Countries and World Petroleum (Oil) Demand, 1970-2007, stocks : International Petroleum Monthly, Table 1.5 Petroleum (Oil) Stocks in the OECD 1 Countries, End of Period, December 1997-Present)

Consommation

La consommation primaire d'énergie est exprimée en British Thermal Unit (BTU), une unité qui correspond à la quantité de chaleur nécessaire pour augmenter la température d'une livre d'eau (0,454 kg) d'un degré Fahrenheit. Depuis la révolution industrielle, la consommation d'énergie n'a cessé d'augmenter. Le graphique ci-dessous illustre cette évolution pour la période 1980 à 2005. Cette évolution est différente selon les régions du monde. Ainsi, les Etats-Unis et l'Europe affichent traditionnellement la consommation d'énergie la plus élevée au monde. Ces deux zones géographiques ont, en effet, représentées plus de 46% de l'énergie consommée à travers le monde entre 1980 et 2005.

En ce qui concerne le reste du monde, la République démocratique popuplaire de Chine a connu une forte croissance de sa consommation énergétique entre 1980 et 2005 (+280% environ) et ce phénomène a eu tendance à se renforcer depuis 2000 avec un taux de croissance annuel moyen de 12.4%.

Consommation primaire d'énergie par pays en millions de milliards de BTU

Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données du Département américain de l'énergie, International Energy Annual 2005 (World Primary Energy Consumption (Btu), 1980-2005)
Note : En ce qui concerne le groupe "Ex-URSS/Russie", le décrochement enregistré en 1992 s'explique par le démembrement de l'Union soviétique et par le changement de catégorie des nouvelles Républiques comptabilisées, après cette date, dans la catégorie "reste du monde".

Parallèlement aux observations précédentes, le graphique ci-dessous indique la consommation de pétrole brut pour les principaux pays consommateurs. Le pétrole étant la principale source d'énergie dans le monde, il n'est pas surprenant de retrouver les même pays comme principaux consommateurs d'énergie et de pétrole. Les crises de 1973 et 1979 ont eu pour conséquence d'initier un mouvement vers la réduction de la dépendance énergétique vis-à-vis du pétrole, en particulier en Europe. Un changement de politique énergétique est intervenu, orienté vers la satisfaction de deux objectifs principaux, d'une part la réduction de la facture énergétique de manière globale (grâce à l'application de nouvelles normes d'isolation des bâtiments, à l'amélioration du rendement des moteurs à combustion, à une taxation plus importante, etc) et d'autre part, la promotion de sources d'énergies alternatives (avec, par exemple, la construction de centrales électriques nucléaires). Ce changement fut très important en Europe et ce n'est qu'à partir de 1986, après sept années consécutives de baisse, qu'une hausse de la consommation de pétrole apparaît de nouveau. Cette augmentation a été progressive jusqu'en 2004 où le niveau de consommation de pétrole européen a rattrapé celui de 1979. Après une baisse au début des années 1980, la consommation américaine de pétrole est repartie à la hausse en 1983, pour augmenter de manière graduelle jusqu'en 2005 où elle a atteint son maximum de la période avec 40.4 millions de milliards de BTU. Les politiques énergétiques des autres pays ont été moins marquées par ces crises parce que ceux-ci ne dépendaient pas autant du pétrole ou que leur production nationale suffisait à satisfaire leurs besoins (c'est le cas notamment de la République Démocratique populaire de Chine ou de l'ex-URSS, par exemple).

Consommation de pétrole brut en millions de milliards de BTU de 1971 à 2005


Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données du Département américain de l'énergie, International Energy Annual 2005 (World Petroleum Consumption (Btu), 1980-2005)

Ce graphique met également en exergue la disparité des évolutions entre les Etats-Unis, l'Europe, le Japon et le "reste du monde". A la suite des différentes crises, le Japon a stoppé la phase ascendante de sa consommation. Par contre, les Etats-Unis ont repris une phase croissante de la consommation dès 1983 et l'Europe à partir de 1986. Le "reste du monde" n'a, quant à lui, jamais cessé de consommer du pétrole, sauf lors de courtes périodes pendant les crises. La consommation de pétrole dans le monde ne dépend donc plus essentiellement des régions les plus développées économiquement, mais de l'ensemble des autres pays.

Échanges internationaux

Les pays exportateurs de pétrole brut sont souvent assimilés aux pays producteurs, ce que confirme le graphique ci-dessous.

Part des principaux pays exportateurs dans les exportations mondiales de pétrole brut sur la période 2003-2007

Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données de l'OPEP (OPEC - Annual Statistical Bulletin 2007, Tableau 52 World crude oil exports by country, 2003–2007 (1,000 b/d).

Il en est de même pour les principaux pays importateurs qui sont aussi les principaux pays consommateurs ou les principaux pays raffineurs.

Part des principaux pays importateurs dans les importations mondiales de pétrole brut sur la période 2003-2007


Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données de l'OPEP (Annual Statistical Bulletin 2007, Tableau 56 : World imports of crude oil by country, 2003–2007 (1,000 b/d).

Les deux cartes ci-dessous indiquent les principaux échanges mondiaux de pétrole brut et de produits pétroliers.

Concernant le pétrole brut, une tendance générale se dégage à savoir que la majeure partie des échanges a pour origine le Moyen-Orient et pour destination l'Europe, l'Amérique du Nord et, dans une moindre mesure, le Japon. L'Afrique exporte en grande majorité vers les Etats-Unis et l'Europe. La Russie exporte essentiellement vers l'Europe et en particulier vers l'Europe de l'Est. La plus grande partie de la production de la Mer du Nord est également destinée à l'Europe. Sur le continent américain, les productions sud et nord-américaines restent intra-continentales et sont principalement consommées par les Etats-Unis.

Les cartes indiquent également les évolutions pour six pays ou régions. Les importations l'Inde, des Etats-Unis et de la Rép. Dém. pop. De Chine sont celles qui ont augmenté le plus fortement parmi les pays sélectionnés (+147% pour l'Inde, + 89.2% pour les Etats-Unis et +80,4% pour la Chine entre 2000 et 2005). Les pays d'Europe ont également connu une certaine augmentation de leurs importations (+8,7%), alors que, dans le même temps, celles de la Rép. De Corée et du Japon déclinaient (-5,6% pour la Corée et -0,8% pour le Japon).

Cette carte fait également apparaitre l'évolution des sources d'approvisionnements des pays importateurs. Les Etats-Unis et l'Europe font apparaître une certaine diversification de leurs importations de pétrole brut. La Chine a, quant à elle, fortement augmenté ses importations en provenance du Moyen-Orient (+59%), d'Afrique (+118%) et de Fédération de Russie (multipliées par plus de 8) entre 2000 et 2005, alors qu'elle diminuait celles originaires d'Europe (-80%) et d'Asie, dans une moindre mesure (-8,5%). L'Inde a doublé ses importations en provenance de chacune de ses sources d'approvisionnement.

Carte interactive qui indique les principaux flux mondiaux de pétrole brut en millions de tonnes :
Flux totaux : moyenne des échanges pour la période 2000-2005
Principales évolutions des échanges entre 2000 et 2005 pour quelques pays:

Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données du COMTRADE.
Note : Les données désagrégées de l'Inde sont des estimations réalisées par le Secrétariat

Les échanges des produits du pétrole sont bien plus complexes que ceux du pétrole brut car ils impliquent un grand nombre de produits différents. Néanmoins, il se dégage de cette carte que beaucoup de pays raffinent des produits du pétrole et que les échanges sont moins important que ceux du pétrole brut en terme de volume.

En terme d'évolution des échanges, le bilan est moins contrasté que pour le pétrole brut. En effet sur la même période que le brut, les importations de produits varient beaucoup moins. Seuls les Etats-Unis ont vu leurs importations augmenter de manière conséquente. La République Démocratique populaire de Chine a augmenté ses importations mais dans une bien moindre mesure que pour le brut. Par contre, la République de Corée, l'Afrique et l'Europe ont maintenu, voire diminué, leurs importations. Enfin, le Japon a également réduit ses importations comme il l'a fait pour le brut.

L'évolution des importations étant moins spectaculaire que pour le brut, peu de changements ont eu lieu en terme de sources d'approvisionnement des importateurs. Les Etats-Unis ont sollicités l'ensemble de leurs fournisseurs. Les autres pays ou régions n'ont pas modifié significativement leurs échanges.

Carte interactive indiquant les principaux flux mondiaux de produits du pétrole en millions de tonnes :
Flux totaux : moyenne des échanges pour la période 2000-2005
Principales évolutions des échanges entre 2000 et 2005 pour quelques pays
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Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données de COMTRADE

Notes :

Compositions des groupes :
1.- OCDE en Europe : Autriche, Belgique, Rép. Tchèque, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Islande, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Portugal, Slovaquie, Espagne, Suède, Suisse, Turquie, Royaume-Uni.
2.- Amérique latine et Caraïbes : Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Cuba, Rép. Dominicaine, Équateur, El Salvador, Guatemala, Jamaïque, Antilles néerlandaises, Panama, Pérou, Uruguay, Venezuela.
3.- Asie : Bangladesh, Inde, Indonésie, Rép. Dem. de Corée, Malaisie, Pakistan, Philippines, Singapour, Sri Lanka, Thaïlande, Viêt-nam.
4.- Moyen-Orient : Iran, Irak, Israël, Jordanie, Koweït, Liban, Oman, Arabie saoudite, Syrie, Émirats arabes unis, Yémen.
5.- Afrique : Algérie, Angola, Côte d'Ivoire, Égypte, Ghana, Kenya, Libye, Maroc, Nigeria, Sénégal, Afrique du Sud, Soudan, Tunisie.

Les données sur le pétrole font quelquefois défaut et/ou ne sont pas toujours disponibles. Conscientes de ce problème, six organisations internationales (l'OPEP, les Nations Unies, l'OCDE/l'AEI, Eurostat, OLADE et APEC), ont initié un exercice conjoint d'analyse des données.

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