![]() |
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|
Marché - Production Depuis le début du siècle dernier, le pétrole est devenu la source d'énergie la plus importante. Néanmoins, depuis les différentes crises qui ont secoué le marché du pétrole, d'autres sources d'énergie ont émergé. Ce développement est variable selon les politiques nationales. D'une manière globale il se dégage une réduction de la part du pétrole dans la production mondiale d'énergie comme illustré par le graphique ci-dessous. Cette réduction se fait au profit du gaz naturel, un co-produit de l'exploitation du pétrole qui était autrefois gaspillé puisque brûlé sur les lieux d'extraction (il s'agissait des torchères qui n'existent plus aujourd'hui). Elle se fait aussi au profit de l'électricité dont l'origine énergétique peut être hydraulique, nucléaire, solaire, éolienne ou thermique (et dans ce cas l'énergie provient de la combustion d'un produit du pétrole ou du charbon). Part des principales sources d'énergie dans la production mondiale d'énergie en pourcentage entre 1970 et 2003
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données de l'Energy Information Administration du gouvernement américain Traditionnellement la majeure partie de la production est le fait d'un petit nombre de pays. La décennie des années 1970 a marqué le début de la production pour de nouveaux pays : Norvège, Royaume Uni, Mexique, Nigéria, Rép. dém. pop. de Chine, etc. Deux facteurs expliquent ce phénomène. Le premier est relatif à la crise pétrolière de 1973 qui s'est traduite par une hausse du prix du brut, rendant ainsi rentable des gisements qui ne l'étaient pas jusqu'alors (du fait de coûts technologiques élevés). Le deuxième tient plus au développement économique de certains pays (c'est par exemple le cas de la Rép. dém. pop. de Chine) et/ou à l'importance des investissements étrangers notamment dans le secteur pétrolier (c'est par exemple le cas du Nigéria). Production de pétrole brut par principaux pays ou groupes de pays depuis 1960, en millions de barils par jour
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données de l'Energy Information Administration du gouvernement américain Les pays du Golfe Persique, principaux producteurs de pétrole avant la double crise des années 1970 n'ont toujours pas retrouvé leur niveau de production d'alors, et ce bien que la consommation et la production mondiales de pétrole aient triplé de 1960 à 2004. La concurrence de nouveaux producteurs et les politiques de soutien des prix de la part de l'OPEP (voir politiques économiques) par une limitation de leur production expliquent en grande partie cette position des pays du Golfe. Il semblerait d'après le graphique ci-dessus qu'une nouvelle tendance se dégage depuis la fin des années 1980. Ainsi la production de pétrole qui démarra dans les années 1970 pour plusieurs pays, tend à atteindre un maximum en terme de capacité. Celle des Etats-Unis tend à décroître, de même pour la Russie (même si ce pays a augmenté sa capacité depuis 2001 pour bénéficier de la bonne tendance des cours). Ce ralentissement de la production est compensé par une augmentation marquée de la part des pays du Golfe. Ces derniers possèdent effectivement la plus grande majorité des réserves de pétrole actuellement recensées sur la planète (voir description) ; de plus leurs coûts de production sont les plus bas du monde ( environ 1 dollar américain par baril en Arabie Saoudite, contre près de 15 dollars américains en Mer du Nord). La part dans la production mondiale des différents pays confirme les observations ci-dessus. Part des différents producteurs dans la production mondiale de 1965 à 2004
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données de l'Energy Information Administration du gouvernement américain Production et consommation mondiales (en millions de barils par jour depuis 1970) et stocks mondiaux déclarés (en millions de barils depuis 1973)
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données de l'Energy Information Administration du gouvernement américain La consommation primaire d'énergie est exprimée en British
Thermal Unit (BTU). Une unité qui correspond à la quantité
de chaleur nécessaire pour augmenter la température d'une
livre d'eau (0,454 kg) d'un degré Fahrenheit. Depuis la révolution
industrielle, la consommation d'énergie n'a cessé d'augmenter.
Le graphique ci-dessous illustre cette évolution entre 1980 et
2004. Cette évolution est différente suivant les régions.
Ainsi la croissance de la demande énergétique est très
importante aux Etats-Unis et dans le "reste du monde". Elle
est par contre faible pour les pays d'Europe de l'Ouest et en régression
pour la Russie. Pour ce pays le saut de l'année 1992 s'explique
par le démembrement de l'Union soviétique et par le changement
de catégorie des nouvelles Républiques dans la catégorie
"reste du monde". Consommation primaire d'énergie par pays en millions de milliards de BTU
Source : Secrétariat
de la CNUCED d'après les données de l'Energy
Information Administration du gouvernement américain Parallèlement aux observations précédentes, le graphique ci-dessous indique la consommation de pétrole brut pour les principaux pays consommateurs. Le pétrole étant la principale source d'énergie dans le monde, il n'est pas surprenant de retrouver les même pays comme principaux consommateurs d'énergie et de pétrole. Les crises de 1973 et 1979 ont eu comme conséquence de réduire la dépendance énergétique par rapport au pétrole, en particulier en Europe. Un changement de politique énergétique est intervenu et il s'est orienté vers deux objectifs principaux, d'une part la réduction de la facture énergétique de manière globale (grâce à l'application de nouvelles normes d'isolation des bâtiments, à l'amélioration du rendement des moteurs à combustion, à une taxation plus importante, etc) et d'autre part la promotion de sources d'énergies autres que le pétrole (avec, par exemple, la construction de centrales électriques nucléaires). Ce changement fut très important en Europe, et ce n'est qu'à partir de 1986, après sept années consécutives de baisse, qu'une hausse de la consommation de pétrole apparaît de nouveau. De plus, cette augmentation est progressive et en 2003 le niveau de consommation de pétrole européen n'a pas rattrapé celui de 1979. Aux Etats-Unis la consommation de pétrole repart très tôt à la hausse après les crises, dès 1983. Ce n'est cependant qu'en 1999 que la consommation a retrouvé son niveau de 1979. Les politiques énergétiques des autres pays furent moins marqués par ces crises parce qu'ils ne dépendaient pas autant du pétrole ou que leur production propre suffisait à alimenter leurs besoins (c'est le cas pour la Rép. Dém. pop. De Chine et l'ex-URSS). Consommation de pétrole brut en millions de milliards de BTU de 1971 à 2003
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données de l'Energy Information Administration du gouvernement américain Ce graphique met également en exergue la disparité des évolutions entre les Etats-Unis, l'Europe de l'OCDE, le Japon et le "reste du monde". Après les crises, le Japon a stoppé la phase ascendante de sa consommation. Par contre les Etats-Unis ont repris une phase croissante de la consommation à partir de 1983 et l'Europe à partir de 1986. Le "reste du monde" n'a cependant jamais cessé cette croissance sauf lors de courtes périodes pendant les crises. La consommation de pétrole dans le monde ne dépend plus principalement des régions les plus développées économiquement, mais de l'ensemble des autres pays. Les pays exportateurs de pétrole brut sont souvent assimilés aux pays producteurs, ce que confirme le graphique ci-dessous. Part des principaux pays exportateurs dans les exportations mondiales de pétrole brut sur la période 2000-2004
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données de l'OPEP (bulletin statistique annuel 2004). Il en est de même pour les principaux pays importateurs qui
sont aussi les principaux pays consommateurs ou les principaux pays
raffineurs. Part des principaux pays importateurs dans les importations mondiales de pétrole brut sur la période 2000-2004
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données de l'OPEP (bulletin statistique annuel 2004). Les deux cartes ci-dessous indiquent les principaux échanges mondiaux de pétrole brut et de produits pétroliers. Concernant le pétrole brut une tendance générale se dégage à savoir que la majeure partie des échanges a pour origine le Moyen-Orient et à pour destination l'Europe, l'Amérique du Nord et le Japon. L'Afrique exporte en grande majorité vers l'Europe et les Etats-Unis. La Russie exporte essentiellement vers l'Europe et en particulier vers l'Europe de l'Est. La plus grand partie de la production de la Mer du Nord se dirige également vers l'Europe. Sur le continent américain, la production de l'Amérique du Sud et de l'Amérique du Nord reste intra-continental et est principalement consommée aux Etats-Unis. Les cartes indiquent également les évolutions pour six pays ou régions. Il est à noter que les importations des Etats-Unis et de la Rép. Dém. pop. De Chine sont celles qui augmentent le plus parmi les pays sélectionnés. Les importations de la Rép. Dém. pop. De Chine se sont accélérées depuis 1999. Les pays d'Europe, la Rép. De Corée et l'Inde sont ensuite les régions qui ont connus une forte augmentation de leurs importations, mais qui représente environ 10% pour l'Europe, plus de 65 % pour la Rép. De Corée et plus de 110% pour l'Inde. Enfin le Japon a vu ses importations diminuer. Cette carte rend également visible l'évolution des sources d'approvisionnements des pays importateurs. De manière générale, les évolutions mentionnées précédemment se reflètent en majorité dans les importations en provenance des pays du Golfe. Seuls les Etats-Unis ont sollicités l'ensemble de leur fournisseurs pour satisfaire à leurs importations. La Rép. Dém. pop. De Chine a principalement augmenté ses importations en provenance du Moyen Orient et il en va de même pour la Rép. De Corée. L'Inde a accru ses importations en provenance d'Afrique et l'Europe les a accrues en provenance de Russie. Carte interactive qui indique
les principaux flux mondiaux de pétrole brut en millions de tonnes
:
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données de COMTRADE et de l'Agence internationale de l'énergie Les échanges des produits du pétrole sont bien plus complexes que ceux du pétrole brut car ils impliquent un grand nombre de produits différents. Néanmoins, il se dégage de cette carte que beaucoup de pays raffinent des produits du pétrole et que les échanges sont moins important que ceux du pétrole brut en terme de volume. En terme d'évolution des échanges, le bilan est moins contrasté que pour le pétrole brut. En effet sur la même période que le brut, les importations de produits varient beaucoup moins. Seuls les Etats-Unis ont vu leurs importations augmenter de manière conséquente. La Rép. Dém. pop. De Chine a augmenté ses importations mais dans une bien moindre mesure que pour le brut. Par contre, la Rép. De Corée, l'Afrique et l'Europe ont maintenu, voire diminué, leurs importations. Enfin, le Japon a également réduit ses importations comme il l'a fait pour le brut. L'évolution des importations étant moins spectaculaire que pour le brut, peu de changements ont eu lieu en terme de sources d'approvisionnement des importateurs. Les Etats-Unis ont sollicités l'ensemble de leurs fournisseurs. Les autres pays ou régions n'ont pas modifié significativement leurs échanges. Carte interactive indiquant
les principaux flux mondiaux de produits du pétrole en millions
de tonnes :
Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données de COMTRADE et de l'Agence internationale de l'énergie Notes : Les données sur le pétrole font quelquefois défaut et/ou ne sont pas toujours disponibles. Conscientes de ce problème, six organisations internationales (l'OPEP, les Nations Unies, l'OCDE/l'AEI, Eurostat, OLADE et APEC), ont initié un exercice conjoint d'analyse des données. |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||