Pétrole

 

 

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Filière


Source : ENSG Nancy

PROSPECTION

La prospection est la première étape de la filière du pétrole. De plus en plus de compagnies pétrolières font appel à des entreprises spécialisées qui réalisent des études géologiques. Puis vient la décision de pratiquer ou non des forages.

De la précision et de la justesse des méthodes d'analyse géologique découlent les possibilités de trouver effectivement du pétrole lors des forages. Plus ces prédictions seront fiables, plus le coût global de la phase de prospection sera réduit compte tenu du nombre de forages limités à entreprendre.

En cas de découverte de pétrole, il reste à construire l'ensemble des infrastructures nécessaires à son extraction, à son stockage et à son transport.

 

EXTRACTION

La phase d'extraction est réalisée par des compagnies pétrolières internationales (comme les majors), nationales ou locales. La rentabilité économique de l'extraction est largement tributaire des prix du pétrole brut.

Ces prix sont fixés sur le marché international et varient constamment (voir partie prix). Le problème est important à court terme où une baisse des cours peut affecter rapidement et de manière importante la rentabilité économique de l'extraction. Néanmoins, les outils de gestion de risque de prix (contrats à terme, options et swaps) permettent de gérer ce risque.

A long terme, le problème s'avère légèrement différent. En effet, malgré l'existence de marchés de gré à gré, une baisse des cours de manière prolongée peut remettre en cause la rentabilité de certaines exploitations. Ceci s'applique surtout pour les exploitations ayant un coût de production élevé : extraction dans des zones difficiles d'accès, en offshore ou nécessitant un traitement complexe avant l'obtention de pétrole brut (i.e. les huiles extra lourdes ou les sables asphaltiques).


 

NEGOCIANTS

La plupart des industries d'extraction de pétrole étant nationalisée, les gouvernements vendent leur pétrole directement d'Etat à l'autre ou au travers du marché international. Ce sont alors des négociants qui achètent et revendent le pétrole. Parmi les plus importants négociants : Vitol (Pays-Bas), Glencore (Suisse), Addax BV(Addax-Oryx Group, Pays-Bas), Cargill-Alliant Energy(Etats-Unis), Trafigura Beheer B.V. (Pays-Bas), Arcadia Petroleum (Royaume Uni, filiale de Mitsui Japon).

 


Source : ENMM Marseille

TRANSPORT

Le transport du pétrole brut se fait pour la grande majorité de deux manières : sur terre par oléoduc et sur mer par cargo. Le transport sur terre peut également se faire par le rail ou par la route mais le coût est généralement comparé à celui de l'oléoduc. La carte ci dessous indique les principales routes empruntées par le pétrole.

Le pétrole de Russie dont la principale destination est l'Europe, est transporté par oléoduc. De même, les échanges entre le Canada et les Etats-Unis se font par oléoducs. Les oléoducs sont également utilisés pour les transports inter régionaux (Europe, par exemple).

Carte des principales routes du pétrole


Source : réalisation CNUCED d'après BP stats

L'autre moyen de transport est l'utilisation de cargo. Les voies maritimes principales sont celles partant du Golfe Persique à destination de l'Asie via le détroit de Malacca, à destination de l'Europe via le canal de Suez (ou le Cap de Bonne Espérance pour les pétroliers trop gros pour le canal) et à destination de l'Amérique via le Cap de Bonne Espérance. Il existe quelques points de passage "stratégiques" dans l'approvisionnement du pétrole. Ces points sont :
- le détroit d'Hormuz qui est le principal point de trafic de pétrole au monde;
- le détroit de Bab el-Mandab qui relie la Mer Rouge au Golfe d'Aden;
- le détroit du Bosphore qui relie la Mer Noire à la Méditerranée et par où passe le pétrole originaire de la Mer Caspienne ou de Russie;
- les ports, oléoducs et gazoducs de Russie qui alimentent l'Europe de l'Est et de l'Ouest;
- le canal de Panama et l'oléoduc Trans-Panama;
- le détroit de Malacca entre Singapour et l'Indonésie et qui alimente l'Asie (Inde, Rép. dém. pop. de Chine, Rép. de Corée, Japon);
- le canal de Suez et l'Oléoduc de Sumed.
Plus de détails sont disponibles sur la page de l'Administration de l'information sur l'énergie du Gouvernement des Etats Unis.

Le coût du fret maritime pétrolier est basé sur une échelle révisée chaque année qui donne un prix de fret pour la quasi totalité des routes maritimes. Cette échelle connue sous le nom de "New Worldwide Tanker Nominal Freight Scale " (Nouvelle échelle mondiale nominale du fret par tanker) ou Worldscale est élaborée et publié par "Worldscale Association" à New York et à Londres. Le coût du fret par cargo est calculé entre deux ports sur la base d'un cargo type en référence à sa taille, son âge, sa vitesse, etc. Le coût d'un transport s'exprime en pourcentage du coût Worldscale. Ainsi Worldscale 125 signifie que le coût du fret pour le trajet choisi sera de 125% celui indiqué dans Worldscale pour ce trajet.

Le site de Simpson Spence & Young donne l'évolution du coût du fret du pétrole.

 

RAFFINAGE

La capacité de l'industrie de raffinage est aujourd'hui suffisante pour assurer la transformation du pétrole en produit pétrolier. Cependant cette capacité n'est pas également répartie selon les régions du monde, tant en terme de nombres de raffineries qu'en terme de technologie utilisée par ces raffineries.

La plus importante concentration de raffineries se trouve en Extrême Orient et plus particulièrement en Chine. Les pays développés comme l'Europe de l'Ouest et l'Amérique du Nord comptent à eux seuls pour environ 40 % du nombre total de raffineries dans le monde. Il est à noter que ces pays consomment environ 40% de la production mondiale de pétrole (voir la partie marché).

Nombre de raffineries et part dans le total mondial par région au 1 janvier 2006


Source : Secrétariat de la CNUCED d'après des données de l'Energy Information Administration (International Energy Annual 2005, Tableau : 3.6 World Crude Oil Refining Capacity, January 1, 2006)

Capacités de raffinage par région en milliers de barils/ jour au 1 janvier 2006


Source : Secrétariat de la CNUCED d'après des données de l'Energy Information Administration (International Energy Annual 2005, Tableau : 3.6 World Crude Oil Refining Capacity, January 1, 2006)

La capacité de distillation en 2008 était de 85.4 millions de barils/jour pour une production d'environ 73.3 millions de barils/jour de pétrole brut. Outre ce déséquilibre, le graphique ci-dessus indique une disparité entre les techniques de raffinage et leur localisation géographique. En effet les techniques les plus complexes sont avant tout disponibles en Europe de l'Ouest et en Amérique du Nord et moins, voire presque inexistante, en Afrique, au Moyen Orient et en Amérique Centrale et du Sud.

Evolution de la production mondiale de pétrole brut et la capacité de raffinage mondiale de 1970 à 2007 (millions de barils/jour)

Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données du Département américain de l'énergie, Annual Energy Review 2007
- Tableau 11.5 World Crude Oil Production, 1960-2007 pour la production et,
- Tableau 3.6 World Crude Oil Distillation Capacity, January 1, 1970 - January 1, 2008, pour la capacité de raffinage mondiale

Le déséquilibre entre la production mondiale et la capacité de raffinage qui existe depuis les années 1970 a eu tendance à s'atténuer depuis le début des années 1980, période à partir de laquelle la capacité de raffinage s'est restreinte alors que la production mondiale a continué d'augmenter. Ce n'est que depuis 1995 que la capacité de raffinage a de nouveau connu une forte croissance, comparable à celle de la production.

 

DISTRIBUTION

La distribution des produits pétroliers fait intervenir des revendeurs différents suivant les pays. Ainsi en France, en Allemagne et au Royaume Uni, la grande distribution concurrence fortement le réseau des stations service, des grandes marques ou des raffineurs.

Par contre, en Italie, aux Pays Bas et aux États-Unis, la distribution se fait presque exclusivement via des stations services hors grandes et moyennes surfaces (GMS). En France, où la grande distribution fut la première de tous les pays européens à s'emparer de la distribution de l'essence auprès des particuliers, la quantité de carburant vendue par les GMS est plus importante que celle vendue par les raffineurs. Ce tableau n'est pas le même pour le fioul domestique dont la distribution est assurée presque exclusivement par les raffineurs et non par les GMS.

 

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