Coton
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Marché

- La production
- La consommation
- Le commerce international
- Le commerce équitable du coton

La production

Evolution de la production mondiale ainsi que nationale des principaux pays producteurs sur la période 1980/81-2012/13 en millions de tonnes

Source: Secrétariat de la CNUCED d'après les statistiques du Comité consultatif international du coton (CCIC)

Une baisse tendancielle de la part du coton dans la consommation mondiale de fibres depuis les années 1970 au profit des textiles dérivés chimiques du pétrole a été recensée- en 1960 la part du coton s'élevait à 68,3% contre 21,8% pour les textiles dérivés alors qu'en 2002 la tendance s'inverse: 39,7% contre 57,7%. Le coton n'en demeure pas moins historiquement la première source de fibres naturelles utilisées au niveau international depuis le début du XXème siècle (voir partie "utilisations"). Il constitue pour la majeure partie des pays en développement qui le cultivent et le transforment une base vitale d'emplois et de développement. Depuis la fin de la seconde Guerre mondiale, la hausse de la production s'explique en majeure partie par l'amélioration des rendements de coton-graine (multipliés par 4 environ entre 1945/46 et 2006/07 passant ainsi de 0.2 tonnes par hectare à 0.8 tonnes par hectare selon les chiffres du CCIC), plutôt que par une hausse des superficies cultivées (22,3 millions d'hectares en 1945/46 contre 34,8 millions d'hectares en 2006/07), soit une hausse de 56% environ). La hausse des superficies cultivées a été particulièrement forte à la fin des années 1940 et celles-ci sont demeurées relativement stables depuis lors.

En 2007, environ 90 pays produisaient du coton de par le monde. Sur la campagne 2006/07, les quatre principaux pays producteurs à savoir la Chine, l'Inde, les Etats-Unis et le Pakistan ont compté pour près des trois quarts des volumes mondiaux. Si l'on agrège ces chiffres à ceux de l'Ouzbékistan et du Brésil, 83% de la production mondiale sont couverts par ces 6 pays. Cette concentration du marché, qui va en se renforçant ces dernières années, doit être mise en perspective en considérant l'incidence des politiques agricoles mises en œuvre par les principaux pays producteurs ainsi que les aléas climatiques ou sanitaires et leur influence au niveau mondial. Par exemple, la production mondiale a fait un bond de plus de 30% entre les campagnes 1983/84 et 1984/85 passant ainsi de 14,5 millions de tonnes à 19,2 millions de tonnes sous l'influence de la croissance de la production chinoise (4,6 millions de tonnes en 1983/84 contre 6,3 millions de tonnes en 1984/85) encouragée par des mesures incitatives mises en place par le gouvernement. Ces mesures consistaient notamment en l'augmentation du facteur d'ajustement des prix (price adjustment) de 15% à 50% selon les principaux produits de base et le versement d'un bonus en cas de dépassement du quota. De même, sur la campagne 1993/94, le gouvernement chinois a mis en place des mesures incitatives telles que l'octroi de prêts à taux préférentiels aux agriculteurs ou le versement du prix aux producteurs, en liquide, qui ont conduit à une hausse de la production (+16,1% de 3,7 millions de tonnes en 1992/93 à 4,34 millions de tonnes en 1993/94). Ce mouvement à la hausse s'est prolongé sur la campagne suivante à l'annonce de l'augmentation de 25% du prix d'achat du coton (state procurement price).

Les cours du coton influencent également la production mondiale, en cela que certains pays producteurs, ne bénéficiant pas d'une politique importante de soutien de cette filière à l'instar des Etats-Unis ou dirigée comme l'était celle de la Chine ou de l'Ex-URSS, se voient contraints d'abandonner ce secteur du fait d'un manque de rentabilité (c'est le cas par exemple de certains pays d'Amérique latine).

La consommation

Depuis le début des années 1940, la consommation internationale de fibres de coton a progressé au même rythme que celui de la production, c'est à dire de 2% par an environ. C'est au cours des décennies 1950 et 1980 que la hausse de la consommation a été la plus forte; avec des taux annuels moyens de 4,6% pour la décennie 1950 et de 3% pour les années 1980. La majeure partie des utilisations de fibres de coton a lieu, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, au sein des pays en développement, ce phénomène va en se renforçant depuis le début des années 2000. Alors que les pays en développement représentaient environ 68% des utilisations mondiales entre 1980/81 et 1998/99, ce pourcentage a dépassé les 80% à partir du début des années 2000, les 90% dès la campagne 2006/07 et devrait, selon les projections réalisées à partir des chiffres du CCIC, se situer à 93% sur la campagne en 2012/13.

Ce déplacement des utilisations de fibres de coton des pays développés vers les pays en développement s'explique en grande partie par la hausse très importante des coûts de la main d'oeuvre dans l'industrie textile des pays développés. Dans ce secteur, les charges salariales représentent environ le sixième du coût de revient d'un article. La hausse de ces coûts a induit une baisse très importante de l'activité textile dans les pays développés qui a été délocalisée dans certains pays en développement (notamment asiatiques et du Maghreb, mais aussi africains) où le coût du travail est plus faible et les législations sociales plus flexibles. De par leur spécialisation, certains pays se sont forgés un véritable avantage comparatif en terme de qualité et de rapidité d'exécution dans ce secteur d'activité et ont pu baser leur développement économique sur la compétitivité et le dynamisme de ce secteur. En outre, des facteurs exogènes tels que le développement des nouvelles technologies ou l'amélioration des infrastructures ont permis aux multinationales des pays développés d'effectuer ces délocalisations de production.

Les principaux producteurs, sont également les principaux utilisateurs de coton. Selon les chiffres du CCIC, sur la période 1980/81-2007/08, la Chine, les Etats-Unis, l'Inde et le Pakistan auront compté ensemble pour plus de 55% de la consommation mondiale. La consommation de ces pays a, en outre, augmenté en terme de volume (voir graphique ci-dessous). Elle a, par exemple, été multipliée par 3 pour la Chine et par plus de 3 en ce qui concerne l'Inde. Afin de répondre à la demande relative à l'exportation de textiles, c'est le Pakistan qui a connu la plus forte progression des volumes de coton consommés avec une multiplication approximative par 6 de ceux-ci.

Evolution de la consommation mondiale ainsi que des consommations nationales des principaux pays consommateurs entre 1980/81 et 2012/13 en millions de tonnes

Source: Secrétariat de la CNUCED d'après les statistiques du Comité consultatif international du coton (CCIC)

Le commerce international

Malgré le développement de la transformation locale, notamment au sein des pays en développement, le coton demeure le principal produit de base d'origine agricole commercialisé avec plus de 30% de la production mondiale exportée chaque année et plus de 6.3 millions de tonnes de coton brut échangées annuellement depuis le début des années 1980.

Pays exportateur
Exportations (valeur en '000 de dollars US)
Partenaire commercial (en % des exportations)
Pays en développement
Pays en transition
Pays développés
Etats-Unis
3'719'793
92.5
7.5
Pays en développement :
- 79% des exportations américaines sont destinées à l'Asie (dont : Chine (43%), Turquie (16%), Indonésie (9%), Thaïlande (6%), Pakistan (5%)) et,
- 12% au Mexique.
Afrique de l'Ouest
994'048
84.9
0.1
14.1
Pays en développement :
- 80% des exportations ouest-africaines sont destinées à l'Asie (dont : Chine (36%), Indonésie (21%), Thaïlande (10%) et,
- 18% font l'objet d'un commerce intra-africain (16% à l'intérieur même de la région ouest-africaine et 12% vers le Maroc).
Ouzbekistan
867'692
59.8
17
23.1
Pays en développement :
Les exportations ouzbeks qui sont exportées vers les pays en développement sont presqu'exclusivement (99.5%) destinées à l'Asie (Chine (52%) et Bangladesh (35%) en tête.
Pays en transition :
Le principal partenaire commercial de l'Ouzbékistan est la Fédération de Russie (89% des exportations destinées aux pays en transition).
Pays développés :
La destination quasi exclusive des exportations ouzbeks est l'Union européenne (99%)
Australie
705'720
87.1
0.2
12.7
Pays en développement :
L'Australie exporte son coton presque exclusivement vers l'Asie (99.7% des exportations vers les pays en développement). Ses principaux partenaires commerciaux concernant la région sont, par ordre d'importance : l'Indonésie (33%), la Chine (26%) et la Thaïlande (16%)
Egypte
298'690
65.5
34.5

A la différence de nombre d'autres pays producteurs / exportateurs de coton, les exportations égyptiennes sont assez bien réparties entre les groupes des pays en développement et développés. Cette particularité s'expliquant sans doute du fait des spécificités du coton égyptien.

En ce qui concerne les pays en développement, 98% des exportations égyptiennes sont exportées vers l'Asie et en particulier vers l'Inde (34%), le Pakistan (18%), la Chine et la Turquie (9% chacun) et la Thaïlande (7%). Quant aux exportations vers les pays développés, l'UE représente le principal débouché du coton égyptien avec 56%.

Source : données statistiques du Secrétariat de la CNUCED

Avec 3.7 milliards de dollars et près de 3 millions de tonnes de coton exportés annuellement sur la période 2002-2006 (soit près de 40% des exportations mondiales sur la période), les Etats-Unis sont le premier pôle exportateur mondial de coton brut.

Les débouchés traditionnels des exportations américaines sont, d'une part les pays asiatiques en développement (73% des exportations américaines entre 2002 et 2006) et d'autre part le Mexique (11%). Concernant les flux d'échange entre le Mexique et les Etats-Unis, des zones industrielles spéciales connues sous le nom de Maquiladoras ont traditionnellement joué un rôle important. Jusqu'en 1992, ces statistiques étaient uniquement comptabilisées par la Banque centrale du Mexique. A partir de cette date, elles ont été prises en compte dans les statistiques internationales. Cette particularité explique pourquoi certaines sources indiquent une forte augmentation (artificielle) du poids du Mexique dans les exportations de coton brut américain depuis 1992, qui n'a pas lieu d'être, lorsque l'on intègre les données de la zone franche susmentionnée.

Répartition des importations de l'Union européenne de coton par origine (moyenne sur la période 2002-2006)

Source: données statistiques du Secrétariat de la CNUCED

L'Ouzbékistan est, depuis la dissolution de l'URSS, le deuxième pays exportateur (troisième exportateur après l'Afrique de l'Ouest si cette zone est considérée en tant que telle) mondial de coton avec près de 870 millions de dollars de coton exportés annuellement entre 2002 et 2006 (et 825 000 tonnes), soit près de 10% environ des exportations mondiales sur la période.

Rang du coton brut en tant que source de devises à l'exportation de produits de base sur l'année 2006

1er rang
2ème rang
3ème rang
4ème rang
5ème rang

- Tuvalu (91.2%)
- Bénin (86.1%)
- Mali (75.6%)
- Burkina Faso (67.6%)
- Ouzbékistan (37.8%)
- Togo (31.3%)
- Kirghizistan (27%)

- Tokelau (25%)
- Zimbabwe (20.5%)
- Samoas américaines (12.3%)
- Tadjikistan (8.6%)
- Turkménistan (3.1%)
- Tchad (3%)
- Burundi (2.2%)

- Soudan (17.7%)
- Inde (8.3%)
- Pakistan (6.7%)
- Malawi (2.9%)
- Rép. Centrafricaine (2.4%)
- Zambie (2.2%)

- Tanzanie (10.6%)
- Afghanistan (7.3%)
- Barbades (4.8%)
- Cameroun (4.2%)
- Syrie (3.8%)
- Azerbaidjan (0.9%)
- Nigeria (0.9%)

- Grèce (9.8%)
- Sénégal (5.4%)
- Paraguay (3.1%)
- Côte d'Ivoire (2.9%)
- Maurice (2.7%)
- Mozambique (2.5%)
- Gambie (2%)

Source: Secrétariat de la CNUCED

Sur les campagnes 2004/05 à 2007/08, l'ensemble des pays africains ont compté pour 16% des exportations mondiales, ce qui les place en deuxième position après les Etats Unis (~38%). Les revenus tirés des exportations de coton brut sont importantes pour les Etats africains, qui exportent en moyenne plus de 80% de leur production.

Evolution de la part des principales régions importatrices de fibres de coton à travers les décennies 1980 à 2010

Source : Secrétariat de la CNUCED d'après les données statistiques du CCIC

Depuis le début des années 1980, la situation du marché en ce qui concerne les importations s'est profondément modifiée et devrait continuer d'évoluer dans les années à venir.

Le marché des importations mondiales de fibres de coton a tout d'abord eu tendance à s'atomiser. Alors qu'en 1980, 85 pays importaient des fibres de coton, ils étaient près de 150 en 2006 (selon les données de la FAO). En outre, la part des importateurs traditionnels dans les échanges mondiaux a tendance à se réduire au fur et à mesure des décennies. Tel est le cas de l'Union européenne, de l'Asie de l'Est ainsi que des pays de l'ex-URSS. En effet, si l'Union européenne, l'Asie de l'Est et les pays de l'Ex-URSS comptaient pour près des deux tiers des importations mondiales de coton sur la décennie 1980, leur part conjuguée devrait être divisée par deux sur la décennie 2000 (33%).

A côté de cela, la part de la Chine a été multipliée par près de 6 entre les décennies 1980 et 2000. Cette progression a été particulièrement importante au cours des dernières années et notamment depuis le début de la décennie 2000. Les importations chinoises sont en effet passées de 52 000 tonnes sur la campagne 2000/01 à plus de 2.5 millions de tonnes sur la campagne 2007/08 et cette hausse devrait se poursuivre dans les années à venir. Le CCIC prévoit un niveau d'importations dépassant les 3.8 millions de tonnes sur la campagne cotonnère 2012/13. La part de la Chine dans les importations mondiales devrait alors représenter plus de 46% des volumes mondiaux (contre moins de 1% sur la campagne 2000/01).

Le commerce équitable du coton

L'une des principales associations du commerce équitable, Max Havelaar a lancé en mars 2005, le premier produit de base non alimentaire issu du commerce équitable : le coton. Pour cela elle travaille avec des petits producteurs Camerounais, Maliens et Sénégalais (20'000 environ) organisés en groupements et certifiés par l'Organisme international de normalisation FLO (Fairtrade Labelling Organizations International ). Ceux-ci devraient être rejoints vers la fin de l'année 2005 par des coton-culteurs Burkinabés qui représenteront alors la majorité des producteurs de coton équitable.

Afin de mettre en place cette nouvelle filière, l'association Max Havelaar s'est associée avec la société française DAGRIS et a bénéficié du soutien financier de différentes autorités de l'hexagone (Ministère des affaires étrangères et Centre de développement de l'entreprise). Les produits en coton équitable sont écoulés sous différentes marques (Armor Lux, Célio, Cora/influx, Eider, Hacot, Colombier, Hydra, Kindy, La redoute et TDV industries). Afin de bénéficier des prix proposés par le commerce équitable sur le coton-graine (qui représentent selon Max Havelaar 46% de plus que le prix proposé pour le coton-graine sénégalais conventionnel et 26% de plus pour le malien sur la campagne 2004/05 et est prévu à un prix de 60% supérieur pour 2005/06) les producteurs doivent être certifiés (frais qui sont à leur charge) et respecter un cahier des charges spécifique, tel que le remplacement des sacs en polypropylène par des sacs de récolte en coton ou un meilleur tri. De plus, les usines d'où sont issus les produits "coton équitable" font l'objet d'audits afin de vérifier qu'elles respectent bien les conventions de l'Organisation Internationale du Travail (OIT).

Décomposition du prix du coton-graine dans le cadre du commerce équitable

Source: Secrétariat de la CNUCED d'après un article de Marchés tropicaux du 11 mars 2005

Les résulats obtenus au Mali après deux années sont bénéfiques. En effet, dans la région de Djidjan, le revenu supplémentaire accordé aux contonculteurs a permis en autres d'acheter du matériel agricole, du bétail, des fournitures scolaires, des vêtements, d'inscrire les enfants à l'école et de payer le salaire des instituteurs.

Pour de plus amples informations, consulter les sites internet suivants:
- Max Havelaar
- FLO
- Géocoton (Dagris)
- Centre pour le développement de l'entreprise (CDE)

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