Coton
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Filière

- Bref aperçu de la filière mondiale
- La filière chinoise du coton
- La filière américaine du coton
- Les filières d'Europe orientale et en particulier la filière Ouzbek
- Quelques exemples de filières africaines
- La filière pakistanaise du coton

Bref aperçu de la filière mondiale

Filière générale du coton

Source : Training manual on cotton trading operations (Centre du commerce international CNUCED/OMC)

La concentration verticale de la filière tend à se réduire, même si elle demeure l'une des caractéristiques essentielles de l'industrie cotonnière. Un exemple d'exception au sein des pays développés est celui de la PCCA (Plains Cotton Cooperative Association) aux Etats-Unis. En effet, cette coopérative à travers laquelle est produit environ 15% du coton américain est impliqué à tous les nouveaux de la filière, de la culture du cotonnier, à son égrenage et à son stockage. En outre, la PCCA possède plusieurs usines de fabrication des produits finaux (filé teint, huile de coton). Par contre, ce système tend à subsister dans les pays en développement, même si la libéralisation de la filière a eu pour influence d'atomiser quelque peu le sommet de la pyramide par la dissolution des organismes nationaux et leur remplacement par des structures diverses.

Au sein des pays en développement et plus particulièrement en Afrique de l'Ouest, de nombreux négociants ont pris des participations dans les principales autorités d'encadrement des filières nationales depuis le commencement de la libéralisation de la filière cotonnière, notamment dans le but de mieux contrôler leur source d'approvisionnement (autant d'un point de vue quantitatif, que qualitatif).

Au sein de la filière, un distinguo peut être fait entre les productions des pays développés, à l'instar de l'Australie ou des Etats-Unis, et celles des pays en développement. Ces différences concernent en particulier la taille des exploitations, le niveau de mécanisation, tant en ce qui concerne la récolte des capsules que leur traitement (mécanique ou manuel) ou les techniques de classement des fibres (manuel comme c'est le cas dans la plupart des pays en développement ou par la technique du HVI-high volume instruments comme c'est le cas pour la quasi-intégralité de la production américaine), mais aussi, les principaux débouchés de la culture cotonnière (culture vivrière ou à but commercial).

La filière chinoise du coton

La Chine possède une très longue histoire cotonnière qui remonterait à près de 2000 ans. Les deux principales zones de culture dans le pays se situent dans les vallées bordant les fleuves Huang Ho et Yangtze. Celles-ci représentent plus des trois quarts de la production annuelle chinoise. Les cotonniers les plus cultivés en Chine étaient du type Gossypium arboreum, toutefois, de nouvelles variétés ont été introduites dans les années 1950 et 1960 et celles-ci sont devenues majoritaires depuis lors (en particulier les variétés Deltapine, Stoneville et Coker).

La culture du coton en Chine a fait l'objet d'une politique dirigée à partir de 1953. A travers ce système, des quotas de production étaient alloués à l'avance par le gouvernement pour chaque région productrice et la commercialisation était centralisée. Une certaine décentralisation a commencé à apparaître à la fin des années 1970 avec l'octroie de droits fonciers dans le cadre du système de responsabilités des ménages ("Household Responsibility System") et en 1998 le gouvernement chinois a décidé de réorganiser sa filière cotonnière :
- en fermant les usines d'égrenage non rentables, ce qui allait permettre de diminuer la capacité d'égrenage nationale,
- en délocalisant les usines d'égrenage des grandes agglomérations vers des lieux plus proches des zones de production.

La commercialisation du coton en Chine avant la réforme de 1999 s'appuyait sur un monopole d'Etat supervisé par la SMC (Supply and Marketing Cooperatives). Le prix du coton était fixé à l'avance pour toute la campagne et pour chacun des maillons de la filière.

Au début des années 2000, un courant de réforme allait englober chacun de ces axes principaux afin de les assouplir. Par exemple, les entreprises domestiques au bénéfice d'une autorisation délivrée par les autorités provinciales aurait dorénavant la possibilité d'acheter leur coton directement auprès des producteurs, des associations de producteurs ou de la SMC.

La filière américaine du coton

Depuis environ deux siècles, la culture du coton est une culture de rente importante aux Etats-Unis. Elle se classe au cinquième rang des productions agricoles du pays en terme de valeur. Les Etats-Unis est le deuxième pays producteur de coton après la Chine (avec environ 20% de la production mondiale) et est le premier pays exportateur mondial de fibre (environ le quart des exportations mondiales).

Carte des principaux Etats producteurs de coton aux Etats-Unis

Source : Secrétariat de la CNUCED

Aux Etats-Unis, les trois principaux Etats producteurs sont le Texas, le Mississipi et la Californie (comptant pour près de 60% de la production nationale entre 1965 et 2003). Depuis les années 1970, les zones de production américaine de coton se sont déplacées vers l'Ouest du pays. Bien que le rôle du Texas soit devenu moins prédominant, il n'en demeure pas moins le premier Etat producteur américain avec plus du quart de la production nationale depuis le milieu des années 1960.

Filière américaine du coton

Source : Secrétariat de la CNUCED

Depuis une cinquantaine d'années, le nombre des exploitations cotonnières a diminué de l'ordre de 98% passant ainsi de plus de 2 millions dans les années 1930 à 31500 dans les années 2000 alors que la superficie agricole consacrée à ce produit ne baissait que de 25%. Les exploitations cotonnières aux Etats-Unis se sont donc agrandies. Elles appartiennent pour la plus grande part à des exploitants individuels (env. 80% selon les statistiques américains - Industry Trade Summary) et ont généralement recentré leur activité sur la monoculture du coton. Les unités d'égrenage se situent en principe près des lieux d'exploitation. Un important mouvement de concentration s'est opéré dans ce domaine au cours des décennies 1980 et 1990, de sorte qu'en 1999, le nombre d'unités d'égrenage aux Etats-Unis ne représentait plus que la moitié de ce qu'il était au début des années 1980. Elles sont principalement détenues, à l'instar des exploitations agricoles, par des personnes privées ou des coopératives de producteurs.

Aux Etats-Unis, les principales variétés cultivées sont les Deltapine et Acala. La récolte se fait exclusivement de manière mécanique. Le coton est ensuite classé selon le procédé HVI (high volume instruments), puis emballé. Une fois la mise en balles effectuée, le planteur peut soit choisir de les entreposer dans des locaux agréés par le gouvernement fédéral, soit les vendre immédiatement à une filature ou à un négociant (ce qui est le cas le moins fréquent). Dans le cas où le planteur choisirait la première solution (l'entreposage), il lui est alors possible d'emprunter des fonds en engageant son coton comme garantie. Il en conserve, toutefois, la propriété et donc la capacité de le vendre plus tard à des filatures nationales ou étrangères. L'organisation de la filière américaine offre également, aux producteurs, l'avantage de pouvoir bénéficier d'un meilleur pouvoir de négociation au niveau des prix.

Les filières d'Europe centrale et en particulier la filière Ouzbek

La part de l'Ex-URSS dans le monde a progressé depuis 1961 jusqu'à atteindre près du quart de la production mondiale en 1975. Depuis lors, cette part n'a cessé de diminuer passant de 20% en 1983, à 13% en 1991. Depuis sa dissolution, la part de l'Ex-URSS dans la production mondiale a diminué de manière encore plus importante atteignant ainsi 8% en 2003. Depuis la dissolution (période 1991-2003), quatre pays produisent la quasi-intégralité du coton de l'Ex-URSS : l'Ouzbékistan en tête avec les deux tiers de la production, suivi du Turkménistan (18%), du Tadjikistan (8%) et du Kazakhstan (5%). Le rôle de l'Ouzbékistan sur la scène mondiale, bien qu'encore prédominant tant à se réduire depuis le début du XXème siècle. En effet, en 1913, la production ouzbek s'élevait à 150 000 tonnes de coton-graine (75% de la production de l'ancien Empire Russe), mais dès les années 1960, le positionnement géographique sur le marché Russe à recentré les horizons.

La filière d'Asie centrale, et en particulier celle de l'Ouzbékistan, repose sur un système qui reste, malgré la dissolution de l'URSS, très organisé et encadré.

Schéma de la filière cotonnière ouzbek

Source : Comité consultatif international sur le coton, il est à noter qu'au niveau du délintage, une joint venture entre le gouvernement et la société Dagris a été effectuée.

Le coton graine est produit sur des exploitations de tailles variables (entre 10 à 2 000 hectares en Ouzbékistan) dont le rendement s'est dégradé (cf partie culture de cette fiche en cliquant ici) notamment du fait de la conjonction d'une baisse du niveau de mécanisation sous l'effet de la raréfaction des pièces de rechange pour les machines (cette situation est un peu moins dramatique en Ouzbékistan que dans les autres républiques d'Asie centrale du fait de la subsistance d'usines de fabrications de pièces détachées sur le territoire), mais aussi du manque de carburant pour les machines (bien que les contrats d'échange compensé entre les Républiques de l'Ex-URSS et la Fédération de Russie aient subsisté pendant de nombreuses années après la dissolution de l'Union). D'autres facteurs tels que la difficulté de s'approvisionner en intrant et la faible fertilisation des sols ont également limité l'expansion de la production de coton. De même, les semences ont baissé en terme de qualité (à l'instar de la mécanisation, l'Ouzbékistan est moins touché que les autres Républiques par cette problématique car ce paysa été le cœur de la recherche en matière d'agriculture d'Europe de l'Est). Selon un article paru en août 2002 dans Le courrier des pays de l'Est intitulé la filière coton en Asie centrale,"…La part de la production totale provenant d'une cueillette mécanique est ainsi tombée de 57% en 1990 à 41% en 1992, à 35% en 1993 et probablement à moins de 20% aujourd'hui…". En 2005, il est estimé à environ 10%.

Une fois le coton récolté, il est transporté pour être entreposé dans les usines d'égrenage qui le traiteront. Il en existe environ 250 au total dans les pays producteurs d'Asie centrale appartenant toutes ou presque à des organismes étatiques. Leur capacité de production est sous-utilisée (environ 50% de la production annuelle) et est constitué d'un équipement déjà ancien et pas forcément adapté aux besoins du marché. Ces installations sont de fait hautement consommatrices en énergie, ce qui n'était pas un problème avant la dissolution de l'URSS, mais risque de le devenir à l'avenir notamment du fait de la perte d'indépendance de ces pays vis-à-vis de leurs ressources énergétiques.

- Le prix du coton graine est fixé à tous les échelons de la filière, comme l'est celui des intrants. Si les objectifs fixés par le plan ne sont pas atteints toute la production est vendue au prix officiel qui représente environ 30% du prix du marché. Depuis 2002, environ 50% de la production est ainsi écoulée. Théoriquement, dans le cas où les objectifs seraient atteints, le producteur pourrait se voir octroyer la possibilité de vendre son coton sur le marché mondial, une fois une licence d'exportation obtenue. En Ouzbekistan comme au Kirghizstan et au Kazakhstan notamment, des maisons de négoce internationales se sont implantées et ont la possibilité d'exporter leur coton sans licence.

- Les quantités exactes à produire sont également planifiées pour chaque type de produit de base et notamment pour le coton et le blé.

- Une interdiction d'exporter les graines de coton a également été édictée par le gouvernement afin de protéger le marché national de l'huile.

Pour de plus amples informations, se référer à "Cotton Taxation in Uzbekistan", Banque Mondiale, août 2005.

Quelques exemples de filières africaines

- Bénin - Niger
- Burkina Faso - Sénégal
- République centrafricaine - Tchad
- Côte d'Ivoire - Togo
- Mali  

Malgré le faible poids du coton africain dans le commerce international (estimé entre 10% et 15% des exportations mondiales), ce produit constitue une source vitale de recette d'exportation pour un certain nombre de pays de la zone sub-saharienne et participe pleinement à l'économie nationale fournissant une base d'emploi à une grande majorité de la population active de la région (dix millions de personnes sont par exemple impliquées dans la production de coton en Afrique de l'Ouest et du Centre). La filière Ouest-africaine du coton est essentiellement concentrée verticalement. Bien que chaque pays soit organisé de manière différente, avec une filière plus ou moins intégrée, avec plus ou moins d'intervenants, des caractéristiques communes subsistent telles que le faible taux de mécanisation des exploitations. Dans certains pays, des systèmes de remplacement ont été mis en place tels que la sous-traitance de la collecte du coton à des entreprises privées comme c'est le cas au Togo par exemple. Toutefois, à l'instar de l'investissement dans le matériel, l'emploi d'une main d'oeuvre extérieure pour la récolte (ou cueillette) du coton reste réservé aux exploitations de taille importante, qui sont en nombre infime (en général plus de 20 hectares) les autres ayant recours à une main d'œuvre abondante, ou au meilleur des cas, à l'emploi de la force animale. Avant l'enclenchement du processus de libéralisation de la filière, les intrants étaient généralement fournis par les organismes nationaux qui passaient des appels d'offre en se basant sur des estimations réalisées par les planteurs. Toutefois depuis le démantèlement de certains organismes nationaux, cette tâche a été déléguée, soit aux unions nationales de planteurs, soit dans certains cas aux négociants implantés sur place. A cette "déstructuration", s'est ajoutée la problématique de la perte de crédibilité des acteurs face aux institutions financières. Dans un article de Marchés tropicaux et méditerranéens en date du 12/7/02, il est indiqué que"... des appels d'offres ont été lancés pour la fourniture d'engrais mais un problème de garantie bancaire n'a pas permis à ces appels d'aboutir...". De même, l'état de l'infrastructure pose de graves problèmes tant dans l'approvisionnement des planteurs en intrants (d'où un retard pris dans le calendrier de campagne et une augmentation des risques phytosanitaires, etc.), que dans la livraison du coton graines aux usines d'égrenage (disfonctionnement dans la chaîne de production, baisse de la qualité du coton qui, resté à l'air ou parfois à la pluie, se détériore). Il est courant, en effet, dans cette région, de ne pas posséder d'infrastructure de stockage proche des lieux de production.

De manière traditionnelle l'Afrique de l'Ouest possède un parc d'usines d'égrenage à scies de fabrication américaine relativement modernes et de forte capacité. La filière est surtout entravée par le manque de valeur ajoutée des produits qu'elle exporte (6% de la production est transformée localement en produits finis selon l'Enda), mais également par la sous-utilisation de ses moyens de traitement du coton graine (production de fibre et de textile ainsi que trituration). Cette situation s'explique par la conjonction de plusieurs facteurs.

Dans un premier temps, les prix offerts aux producteurs dans certains pays voisins sont parfois plus intéressants que sur le marché national, ce qui a pour conséquence de réorienter la production domestique brute de coton graine vers ces Etats et prive, dans le même temps, le marché national, non seulement des revenus tirés de l'exportation du coton fibre, mais également de la possibilité de produire de l'huile de coton et de satisfaire ainsi les besoins alimentaires de la population humaine et animale. Selon l'évolution du différentiel entre le prix local et les cours internationaux, le Cameroun et le Benin peuvent être victime de fuites de coton vers le Nigéria. La Côte d'Ivoire quant à elle rapportait une fuite singulière de coton graine en 2003-2004 (estimée à 40 000 tonnes) vers le Mali et le Burkina Faso suite à l'instabilité du Nord du pays.

Dans un deuxième temps, il arrive que certains pays préfèrent importer des huiles meilleur marché (cas de l'huile de palme en provenance d'Asie du Sud-Est par exemple), plutôt que de produire de l'huile de coton à partir des graines. Cette situation se présente également assez régulièrement en ce qui concerne l'industrie textile où les importations en provenance de Chine et du Pakistan notamment sont assez régulièrement préférées aux confections nationales principalement du fait du manque de compétitivité de l'industrie textile de la zone franc.

Finalement, l'aide alimentaire mondiale provenant souvent des excédents dégagés par les pays développés n'incite pas au développement sectoriel car il fournit une partie des besoins en matière grasse, ce qui n'encourage pas les planteurs à produire dans le but de satisfaire les capacités productives des huileries nationales. Ceci explique pourquoi certaines huileries ne fonctionnent qu'à 25-30%* environ de leur capacité et doivent faire appel à l'importation de coton d'autres pays afin de rentabiliser leurs installations. (voir pour cela le schéma de la filière nigérienne).

* "…La plupart des usines africaines de fabrication d'huile de coton fonctionnent entre 25 % et 30 % de leurs capacités, parce qu'il n'y a pas de graines à triturer, se plaignait, voici un an, M. Saliou Alimi Ichola, secrétaire général de l'Association des industriels de la filière oléagineuse de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (AIFO- Uemoa)…", Syfia international - 11 janvier 2001.

Bénin

Société
Nombre d'Usines

Capacité (tonnes)

Société
Nombre d'Usines

Capacité (tonnes)

Sonapra
12
312 500
MCI
1
LCB
1
Socobe
1
 
Sodicot
1
ICB
1
 
Ibeco
1
CCB
1
 
SEICB
1
206 291
Total
20
518 791

Source : Marchés tropicaux (22 mars 2002)

Entre 1995 et 2000, les exportations de coton ont représenté le tiers des exportations totales du Bénin avec environ 164 millions de dollars par an. Il représente en terme de valeur le premier produit de base exporté par le Bénin. Le Bénin produit également de l'huile de coton à travers les sociétés Fludor-Bénin S.A. et SHB-Bohicon (Société des huileries du Bénin). Leur capacité de trituration est de 210 000 tonnes de graines par an, soit 30 000 tonnes d'huile.

La filière coton constitue le cœur de l'économie béninoise avec environ 45% de la population rurale dépendant directement ou indirectement des revenus du coton (qui contribue à près de la moitié du potentiel industriel national). Au début des années 2000, près de 35% des exploitations (principalement de type familial) sont actives dans la production de coton qui est cultivé sur environ 20% des surfaces exploitables du pays (principalement dans les régions de Borgou et Zou et également de de l'Atacora, de l'Ouémé et du Mono).

Une interdiction d'exporter les graines de coton ayant été édictée par le gouvernement, cette première transformation du coton est réalisée sur place. Pour cela, le Bénin possède une vingtaine d'unités d'égrenage dont la moitié appartient à la Sonapra. Les autres appartiennent à des groupes internationaux (LBC/Aiglon, Louis Dreyfus, Kamsal, IBECO, MCI, Sodicot) et au secteur privé local (Talon, et des coopératives); la Sonapra restant cependant actionnaire dans chacune des usines d'égrenage pour 35%. Ces entreprises se voient fixer des quotas sur une base annuelle, ce qui tend à segmenter le marché et donc à restreindre le nombre potentiel de partenaires commerciaux. L'outil de transformation béninois est assez moderne puisque sur les 20 unités d'égrenage, 8 ont moins d'une dizaine d'années. Cet investissement, qui s'est fait à la lumière des cours importants du coton entre 1989/90 et 1995/96, connaît des difficultés de rentabilité importantes au début du nouveau millénaire du fait de la conjonction de plusieurs facteurs : des coûts d'investissement élevés associés à la faiblesse des prix exprimés en francs CFA. L'asthénie des prix en devise nationale a eu pour conséquence de stabiliser la production béninoise et par-là même d'engendrer une surcapacité des unités d'égrenage (de 600 000 tonnes de coton graine contre une production réelle de 350 000 à 400 000 tonnes).

Avec le désengagement de l'Etat de la filière, les fonctions précédemment assurés par la Sonapra ont été transférées au secteur privé avec la création de trois principales familles professionnelles que sont :

· La coopérative d'achat et de gestion des intrants agricoles (CAGIA) : fondée en 1998 par les 77 unions sous-préfectorales de producteurs (USPP), la CAGIA est une coopérative cherchant à assurer l'approvisionnement en intrants de qualité en temps et en heure et à prix compétitifs.

· L'association interprofessionnelle du coton (AIC) : créée en 1999 par la fédération des unions de producteurs du Bénin (FUPRO) et l'association professionnelle des égreneurs du Bénin (APEB), l'AIC coordonne la gestion des intrants agricoles ainsi que la commercialisation primaire du coton graine et assure l'arbitrage économique et financier entre les différents opérateurs. Elle est également le plus grand importateur- distributeur d'insecticides coton au travers de la société SDI.

· La centrale de sécurisation des paiements et du recouvrement (CSPR) : engendré par la FUPRO, l'APEB et le GPDIA (groupement professionnel des distributeurs d'intrants agricoles) en 2000, la CSPR est un organe assurant le recouvrement des crédits d'intrants et le suivi technique et financier des opérations d'achat et de vente du coton-graine. Elle requiert des usines d'égrenage un acompte de 40% de la valeur de leurs quotas de coton-graine en avance pour le paiement des producteurs (après déduction des coûts des intrants).

Structure de la filière cotonnière au Bénin

Source : Mission économique de Cotonou auprès de l'Ambassade de France concernant la filière coton

Deux sociétés (CSI et Fruitex) opèrent en dehors de ce système et ont crée leur propre association ADIAB pour la distribution des intrants de coton.

Le retrait de l'Etat de la filière a favorisé l'essor du secteur privé qui contrôle depuis le début des années 2000 l'ensemble des importations et de la distribution des intrants agricoles (semences, pesticides, etc.) et compte pour environ la moitié des capacités d'égrenage de la filière. La commercialisation des intrants a cependant enregistré un certain nombre de problèmes Depuis l'émergence du secteur privé dans la distribution d'intrants, la quantité d'engrais par opérateur (également utilisé indirectement pour certaines cultures vivrières) destinée au coton a chuté de manière considérable passant d'environ 30 000 tonnes par distributeur au début des années 1990 à moins de 10 000 au début des années 2000. Les prix correspondants de cession des engrais ayant été multipliés par deux, passant de 100 francs CFA le kilo début 1990 à environ 200 francs CFA le kilo début 2000.

Pour de plus amples informations sur cette filière, se référer au document de la Mission économique de Cotonou auprès de l'Ambassade de France concernant la filière coton.

Burkina Faso

Les exportations de coton ont représenté environ 40% du montant des exportations burkinabaises sur la période 1995-2000 avec environ 105 millions de dollars annuels (certaines sources affichent jusqu'à 60% selon les années). Ce produit de base représente en terme de valeur la principale matière première exportée par le Burkina Faso et fait vivre environ 2 millions de personnes dans le pays.

La filière burkinabaise est considérée comme l'une des plus performantes de la zone ouest-africaine. La production a lieu dans les régions de la Comoé, de Kossi, de Mouhoun et de Kénédougou situées dans l'ouest du pays. Cette culture se présente sous la forme d'exploitations de type familial, de superficie souvent restreinte (env. 1 hectare), mais pouvant parfois atteindre 20 à 30 hectares. La force animale constitue généralement le principal facteur de production de la culture du coton (60% environ dans les grandes exploitations). Le Burkina Faso a lancé des essais depuis 2003 concernant la mise en place de cultures de coton génétiquement modifié. Il est pour l'heure, le seul pays d'Afrique de l'Ouest à suivre cette voie.

Comme la majorité des filières ouest-africaines, la filière burkinabaise est intégrée verticalement. Elle est placée sous l'égide de la Société des fibres et textiles du Burkina (Sofitex*) qui encadre environ 200 000 exploitants. Depuis 1999, l'UNPCB (l'union des producteurs coton du Burkina Faso) en détiennent environ 30%, la part du gouvernement étant ramenée à 35% et celle de Dagris à 34%. Malgré l'ouverture de son capital au secteur privé bancaire qui détient une part de 1%, son rôle qui demeure encore centralisé, notamment en ce qui concerne l'achat du coton-graine, est très large (distribution des intrants, transformation, commercialisation des fibres et des autres co-produits issus de l'égrenage). Le transport quant à lui a été privatisé.

Au Burkina Faso, les planteurs de coton d'un même village sont regroupés au sein d'une structure unique appelée groupement des producteurs de coton (GPC). Celle-ci leur sert d'intermédiaire avec la Sofitex.

Une fois le coton récolté, il est chargé selon les modalités du programme de collecte, dans les villages, par les camions de la Sofitex. Pour la rémunération des producteurs, le groupement reçoit de celle-ci le montant représentant la différence entre le prix d'achat du coton-graine chargé et le coût des intrants achetés auprès d'elle en début ou en cours de campagne. Cette recette est ensuite redistribuée entre les différents membres du groupement. Le coton est ensuite égrené pour être majoritairement exporté sous forme de fibres principalement vers l'Asie du Sud-Est (66%) et l'Europe (20%), le reliquat se distribuant de manière égale entre des partenaires commerciaux africains et sud-américains. Le prix d'achat du coton-graine est annoncé avant la période de semis et en cas de profit, les producteurs reçoivent un prix plus élevé au cours de la campagne suivante; la ristourne étant répartit à hauteur de 50% pour les producteurs, 25% pour l'état et 25% pour la Sofitex.. Ce système de bonus est également appliqué en Côte d'Ivoire et au Bénin, bien que les primes soient plus faibles et distribuées de manière moins fréquente.

Société
Nombre d'Usines

Capacité (tonnes)

Sofitex
12
373 000
Total
12
373 000
A venir
Mise en fonction de deux usines à Kourouma et à Diedougou. (campagne 2003-04)

Source : Marchés tropicaux (22 mars 2002). Il est cependant à noter que depuis 2004 certains changements son intervenus.

Le Burkina Faso produit également de l'huile alimentaire de coton à partir des graines issues de l'égrenage. Celles-ci sont triturées dans une usine, la Citec (dont la Sofitex est actionnaire).

* Capital détenu à 35% par l'Etat, à 30% par l'Union nationale des producteurs de coton du Burkina Faso (UNPCB), à 34% par Dagris et 1% pour les banques locales (Banque internationale du Burkina (BIB), Banque internationale pour le commerce, l'industrie et l'agriculture (BICIA-B).

L'Union nationale des producteurs de coton du Burkina Faso (UNPCB) qui est la principale union de producteurs du Burkina Faso est organisée de la manière suivante

Source : Secrétariat de la CNUCED

Le marché domestique du coton est finalement encadré par un comité de gestion de la filière coton (CGFC) chargé de fixer les prix du coton graine et des intrants. Un fonds autogéré avec l'UNPCB est en place afin d'assurer la stabilisation et le soutien du prix au producteur.

La zone de production Centre a été reprise par le consortium IPS/Reinhart et la zone Est par Dagris depuis fin 2004; la Sofitex a, quant à elle, conservé son rôle dans la zone Ouest.

République centrafricaine

Le coton représente la deuxième source d'entrée de devises en Centrafrique avec une moyenne annuelle d'environ 18 millions de dollars sur la période 1995-2000 et emploie directement environ 100 000 planteurs travaillant dans des exploitations de faible superficie et, de manière indirecte, environ 800 000 personnes. La culture du coton est en effet essentiellement manuelle et fortement consommatrice de main d'oeuvre puisqu'il faut environ 15 jours de travail pour semer un demi-hectare contre deux jours avec un attelage.

Concernant la filière cotonnière, le principal opérateur du marché est la Société Centrafricaine de Développement des Textiles (SOCADETEX) dont le capital se répartit à hauteur de 15% pour l'Etat centrafricain, 36% pour les privés centrafricains et 49% pour les partenaires internationaux (et en particulier Louis Dreyfus). La Socadetex fut créée en 2002 suite à la liquidation de la société nationale Sococa (Société cotonnière centrafricaine). L'équilibre de la filière apparaît cependant encore fragile et les effets de la libéralisation partielle du secteur en 1999 avec l'instauration de la flexibilité des prix d'achat du coton-graine et la création d'un comité paritaire de détermination de ces prix d'achat aux producteurs sont à examiner dans le cadre global de la situation concurrentielle du pays. En effet, les opérateurs nationaux ont été confrontés à la hausse des prix des intrants (multipliés par près de deux entre 1995 et le début des années 2000). Ces intrants comptent pour environ 40% des revenus des planteurs au début des années 2000 (50% si on prend en compte l'ensemble des taxes etc.). En République centrafricaine, les exploitations cotonnières sont regroupées dans deux zones géographiques bien distinctes situées respectivement au Nord-Ouest et au Sud-Est du pays. Les plantations de coton sont de taille réduite. Une fois le coton récolté, entre septembre et novembre, il est transporté vers les centres d'égrenage par route (dans des véhicules souvent vétustes ayant une vingtaine d'années en moyenne). Les centres d'égrenage sont au nombre de six. Ils possèdent du matériel souvent obsolète (les machines datent en moyenne d'une quarantaine d'année), ce qui engendre de nombreuses pannes (et donc retard d'acheminement) au cours de la campagne. Une fois transformée, la fibre de coton est presque intégralement exportée sur le marché mondial (les exportations de coton graines brut et de fibres ont représenté environ 12% des recettes totales des exportations centrafricaines sur la période 1995-2000). Les graines sont quant à elles majoritairement triturées, soit dans l'usine de Bangui, soit au Tchad afin de produire de l'huile alimentaire. En dehors de ce rôle de transformation, la SOCADETEX se charge également de la commercialisation des produits dérivés du coton.

Côte d'Ivoire

Les exportations de coton ont représenté environ 3% du montant des exportations agricoles ivoiriennes sur la période 1995-2000, ce qui le classe loin derrière la cacao ou le café qui ont représenté ensemble environ 40% des exportations ivoiriennes sur la période. Malgré cette faible part, le coton rapportait cependant, annuellement, plus de 140 millions de dollars de recettes d'exportations.

Société
Nombre d'Usines

Capacité (tonnes)

LCCI (L'Aiglon)
4
201 100
CIDT nouvelle
4
100 300
IPS/Reinhard (Aga Khan)
3
118 500
Uresco-Ci
1
nd.
Total
12
419 900 (+ nd)

Source : Marchés tropicaux (22 mars 2002) et industrie.

Faisant suite aux programmes de libéralisation & privatisation et après la dissolution de la Compagnie ivoirienne de développement des textiles (CIDT), qui détenait le monopole de gestion de la filière cotonnière en Côte d'Ivoire jusqu'en 1999, trois compagnies ont pris le relais, sans toutefois parvenir à créer un climat de concurrence entre elles. Cette situation s'explique notamment par le fait que leurs régions d'influence sont bien définies (chacune d'entre elles possédant sa propre zone de production) et par le maintien d'un prix d'achat unique aux producteurs (identique quelque soit la zone de production). Ces trois sociétés sont :
- la Compagnie ivoirienne de développement des textiles (CIDT) Nouvelle : implantée au sud du pays. Il est possible que cette société soit très prochainement dissoute. Plusieurs solutions ont été soumises (vente aux producteurs pour le franc symbolique, partage des parts entre les différents égreneurs en fonction de leur importance, etc.), toutefois aucune n'a été retenue pour l'heure.
- Ivoire Coton est une société à capitaux mixtes détenue par IPS-CI (Fonds Aga Khan pour le développement économique) et Paul Reinhart (Suisse). L'Etat ivoirien conserve néanmoins une part de 30% dans la société. Ivoire Coton est principalement active dans le nord-ouest du pays
- LCCI (Aiglon). LCCI est essentiellement implantée dans le nord-est. Dans cette même zone a été ouverte, au cours de la campagne 2002-2003, une usine d'égrenage, la SICOSA qui possède une capacité de traitement du coton graine de 450t/jour (soit 900 balles de coton-fibre). Elle est gérée par l'Union régionale des entreprises coopératives de la zone des savanes de Côte d'Ivoire (Urecos-CI) qui regroupent 1 200 coopératives de base, dont 50 unions et environ 130 000 producteurs et est considérée comme l'association de producteurs la plus puissante du pays. Elle serait financièrement soutenue, d'après certaines sources professionnelles, par le négociant Louis Dreyfus.
- la FTG-Cotivo (dont l'Urecos-CI a récemment acquis 35 % des parts).

L'encadrement des planteurs dans chaque zone géographique est dorénavant organisé par les sociétés implantées sur place alors que cette tâche était dévolue à la seule CIDT avant la libéralisation. Dans la zone couverte par Ivoire coton par exemple, le négociant passe des contrats (avec prime de résultats) avec les petits planteurs. Ceux-ci ont pour objet de fixer des objectifs en terme de superficie cultivée et de rendement. Afin de fournir les intrants nécessaires à la production de coton, Urecos-CI a mis en place au cours de la campagne 2002/03, un schéma de sécurisation des achats de fertilisants. Une partie de la récolte à venir est vendue par le biais de contrats à livraison différée qui sont utilisés comme garantie dans les transactions concernant les intrants. Dans le but de faciliter la pérennisation de ce schéma une structure a été spécialement créée en partenariat avec le Fonds Ivoiro-Suisse de Développement Économique et Social (FISDES), certains acteurs de la filière et l'African Merchant Bank (AMS). Cette structure se nomme : la Société de Financement des Intrants coton de Côte d'Ivoire (SOFICOCI).

Certaines sources et en particulier L. Goreux dans son étude intitulée "reforming the cotton sector in Sub-Saharan Africa" (mars 2003) commanditée par la Banque mondiale envisage la possibilité d'une réintégration verticale de la filière sous l'égide de l'Urecos-CI.

En Côte d'Ivoire, une usine permet la trituration des graines de coton pour la production d'huile.

Mali

Les exportations de coton ont représenté environ 35% du montant des exportations maliennes sur la période 1995-2000 avec environ 178 millions de dollars d'exportations annuelles sur la période. Ce produit de base représente en terme de valeur la deuxième source d'entrée de devises pour le Mali après l'or dont les exportations ont quadruplé entre le milieu des années 1990 et le début des années 2000. Selon les années, il arrive que ce produit représente jusqu'à 35% à 40% de la valeur totales des exportations maliennes. La culture du coton se situe principalement au sud du fleuve Niger dans les régions de Sikasso et également de Ségou, de Koulikoro ainsi qu'à l'ouest dans le cercle de Kita. Environ 160 000 plantations existent et occupent le tiers de la superficie cultivée du pays. La filière cotonnière emploie près de 40% de la population rurale, c'est-à-dire approximativement 2,5 millions de personnes. L'utilisation de la force animale est très répandue.

Schéma de la filière malienne

Source : Secrétariat de la CNUCED

Société
Nombre d'Usines

Capacité (tonnes)

CMDT
17
599 800
Total
17
599 800

Source : Marchés tropicaux (22 mars 2002)

En 2004, la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) qui gère 95 % du coton récolté au Mali, était détenue à 60% par l'Etat malien et à 40% par Dagris, toutefois, la possibilité d'ouvrir d'avantage son capital au secteur privé a été examinée à plusieurs reprises mais ne s'est pas concrétisée. La CMDT a cependant d'ores et déjà intégré le concept d'ouverture de son capital aux organisations de producteurs en associant le syndicat coton et vivrier (Sycov) à la gestion de la filière. S'appuyant sur un contrat-plan définissant la répartition des ressources générées par la vente du coton, la CMDT a pour fonction de fixer le prix d'achat aux producteurs. Cependant, les organismes de producteurs ont maintenant la responsabilité, dans le cadre du groupement des syndicats cotonnier et vivrier du Mali (GSCVM), d'assurer l'approvisionnement en herbicides coton et intrants céréales (herbicides et engrais). La privatisation de la distribution des intrants a été considérée avec attention et la CMDT s'est retirée des activités de développement rural hors coton telles que l'encadrement sur les vivriers, l'approvisionnement en intrants céréales, le désenclavement et l'entretien des pistes et la participation dans les huileries d'Huicoma.. La CMDT se charge, en outre, de la gestion des 17 usines d'égrenage réparties à travers le pays. La logistique relative au transport de la fibre notamment vers Abidjan et Dakar ainsi que les activités d'huilerie (deux huileries au Mali : Huicoma et Sepom) ont été confiées à des intervenants privés qui triturent environ 300 000 tonnes de graines par an.

Niger

La production de coton, par voie irriguée ou pluviale selon les zones géographiques, est principalement réalisée par de petits planteurs regroupés en coopératives de producteurs dans les zones de Gaya, Maradi, et Tahoua. Cette dernière zone représente la majeure partie de la production nigérienne (la production totale de coton est d'environ 10 000 tonnes par an) avec environ 80% de celle-ci. Afin de satisfaire les capacités d'égrenage du pays, les graines de coton sont en principe importées du Bénin, via la Société Cotonnière du Niger.

Deux sociétés se partagent la culture et la transformation du coton dans ce pays :
- la Société cotonnière du Niger (SCN) dont le capital est principalement détenu par la maison de négoce L'Aiglon (70%), par Dagris (25%) et par l'Etat nigérien. La SCN compte pour 90% environ de la production nationale;
- la SNUCI, créée en 1998 est détenue par des capitaux chinois. Elle exploite surtout le coton des zones de Gaya et de Dosso situées au sud-ouest du pays près des frontières nigériane et béninoise.

Société
Nombre d'Usines

Capacité (tonnes)

SCN
1
25 000
Cnuci
1
40 000
Total
2
65 000

Source : Marchés tropicaux (22 mars 2002)

Schéma de la filière nigérienne

Source : Secrétariat de la CNUCED
* Note : la part de la SNUCI dans la production nationale nigérienne est de 10% environ.

Sénégal

Les exportations de coton ont représenté environ 3% du montant des exportations sénégalaises sur la période 1995-2000. Avec environ 28 millions de dollars d'exportations annuelles sur la période, ce produit de base représente la troisième source d'entrée de devises du Sénégal. La production de coton est effectuée sur une grande partie du territoire national correspondant à près du tiers des surfaces cultivées, notamment au sud du pays, au delà de la ligne Kahone-Tombouctou ainsi que dans les zones de la haute Casamance et du Kédougou.

La Société de développement des fibres textiles (Sodefitex) encadre plus de 70 000 planteurs de coton. Elle a été privatisée en novembre 2003 et la répartition actuelle de son capital se fait de la manière suivante :
- 51% Dagris (contre 20% avant la privatisation),
- 30% producteurs (contre 0% avant la privatisation),
- 10% Etat sénégalais (contre 77,5% avant la privatisation)
- 8% : filateurs

La Sodefitex a pour mission d'assurer l'égrenage du coton dans 5 usines ayant une capacité totale d'égrenage de 65 000 tonnes de coton-graine ainsi que de fournir les intrants nécessaires à la culture aux agriculteurs. Le paiement des producteurs se fait de manière directe après la pesée du coton et prend en général entre 3 et 8 jours, grâce à un partenariat signé avec la poste. L'objectif d'ici à une quinzaine d'années est d'atteindre une production de 100 000 tonnes de coton-graine, soit 45 000 de coton-fibre de haute qualité. Ce but pourrait être atteint au travers de la mise en place d'une politique d'irrigation ainsi que de développement de la mécanisation. Une charte de qualité a d'ailleurs été adoptée le 29 décembre 2000.

Tchad

La filière du coton au Tchad remonte aux années 1920 et à la présence française dans le pays. Le secteur cotonnier reste encore aujourd'hui l'une des clés de voûte de l'économie tchadienne avec environ le dixième des surfaces cultivées. Il emploie directement et indirectement près de 40% de la population totale (environ 2 millions de personnes) et compte pour les deux tiers des exportations nationales (contre 80% en 1985). La principale zone d'importation du coton tchadien est l'Union européenne et en particulier la France, l'Allemagne, la Belgique, le Portugal et l'Espagne.

Schéma de la filière tchadienne

Source : Secrétariat de la CNUCED d'après le document de la Banque mondiale "Cotton sector reform in Chad: an institutional analysis"

Au Tchad, le coton est principalement cultivé au sud du pays. Les exploitations sont de type familial (5 à 6 individus par exploitation) et de petite superficie (généralement entre 1 et 2 hectares). La filière tchadienne du coton est intégrée verticalement sous l'égide de la Société cotonnière du Tchad (Coton Tchad). Cet organisme, détenu à 75% par l'État tchadien, à 19% par Dagris et à 6% par des banques locales, a pour mission de fournir les intrants aux planteurs (en fonction des prévisions établies à la fin de la campagne précédente) et de commercialiser le coton-graine. Pour cela, elle achète, transporte (souvent par le biais de convoyeurs privés), transforme et stocke les récoltes qui sont fixées à un prix déterminé par un comité en début de campagne et valable pour l'année cotonnière en cours. L'absence d'une infrastructure nationale adéquate explique en particulier les problèmes de transport et de stockage du coton et constituent une des raisons de la faible compétitivité de la filière tchadienne.

L'infrastructure de traitement du coton au Tchad se compose de neuf usines d'égrenage situées dans le sud du pays (Sahr, Koumra, Moundou, Kelo, Gounou-Gaya, Léré, Pala, Kyabe). En dehors de la fibre, le pays possède également des usines qui permettent la production d'huile de coton et de savon. En 2003, sous l'impulsion du Fonds monétaire international (FMI), les activités d'huilerie et de savonnerie ont été privatisées sous la dénomination de Direction de l'huilerie savonnerie (DHS) et par là-même, séparées de la transformation textile.

En 1999, la cellule technique pour des réformes du secteur coton (CTRC) a été mise en place par l'État tchadien. Cette cellule a pour mission d'examiner le potentiel de la libéralisation et de la privatisation de la filière et oeuvre pour la création d'organisations de producteurs fonctionnels et crédibles. Malgré la constitution en 1997/98 d'un Comité Paritaire chargé de la fixation des prix du coton-graine et des intrants coton, il n'existe pas à ce jour une structure faîtière des producteurs au niveau national. Cependant, des comités locaux de concertation (CCL) au niveau régional (usine d'égrenage) ont été crée depuis 2000.

Togo

Les exportations de coton ont représenté environ 18% du montant des exportations togolaises sur la période 1995-2000 avec environ 18 millions de dollars d'exportations annuelles sur la période. Ce produit de base représente en terme de valeur la première source d'entrée de devises du pays avant même les phosphates qui comptaient, jusqu'au début des années 2000, pour la principale richesse du pays. La filière cotonnière est, dans le même temps, un vecteur très important d'emplois dans le secteur primaire, puisque avec 200 000 personnes travaillant dans le secteur, le coton concentre plus de la moitié de la main d'œuvre agricole du pays.

Société
Nombre d'Usines

Capacité (tonnes)

Sotoco
3
100 000
Socosa
1
40 000
Sicot / Aiglon
1
40 000
Sopic
1
25 000
Total
6
205 000

Source : Marchés tropicaux (22 mars 2002)

Au Togo, la culture du coton a lieu dans des exploitations de type familial souvent de petite superficie (moins d'un hectare) situées en majeure partie dans le sud du pays, principalement dans la région de Notsé. Le coton, bien qu'il soit aujourd'hui associé à d'autres cultures au sein d'une même exploitation, demeure la première source de revenus puisqu'il compte encore au début des années 2000, pour 70% des revenus des exploitations qui le produisent. La filière togolaise est assez bien structurée et encadrée par 2000 organisations de producteurs environ qui ont en charge la gestion des intrants pour les planteurs ainsi que la collecte du coton dont la récolte se fait encore beaucoup de manière manuelle. La mécanisation tend à se développer petit à petit, notamment sous la forme du recours à des sociétés extérieures. Les organisations de producteurs sont placées sous l'égide de la Société togolaise de coton (Sotoco). Une fois récolté, le coton peut être transformé en fibres ou trituré dans le but de produire de l'huile de coton. Cette dernière opération a lieu au travers de la Nouvelle industrie des oléagineux du Togo (Nioto). En ce qui concerne l'égrénage et la filature, la libéralisation a ouvert le marché togolais à trois nouveaux opérateurs (en dehors de la Sotoco) qui sont la Société industrielle de coton (SICOT-SA) dont le principal client est la société suisse L'Aiglon (auquel elle appartient), la Société de production industrielle de coton (SOPIC) et la Société cotonnière des savanes (SOCOSA) ont été créées par le directeur du groupe américain Continental Eagle (65%) et par la société de négoce Louis Dreyfus (20%).

Les autres activités cotonnières demeurent contrôlées par la Société Togolaise du Coton (SOTOCO). L'absence d'interprofession et de convention du style contrat-plan caractérise la filière; à l'instar du manque d'organisation des producteurs en structure faîtière (malgré la constitution temporaire d'une Fédération Nationale des Unions des Producteurs du Coton - FNOPC).

Pour de plus amples informations, consulter les sources d'information suivantes :
- "L'Afrique de l'Ouest prend son coton en main" : Marchés tropicaux et méditérranéens, 22 mars 2002 (statistiques concernant les unités de de filature et de tissage dans le cadre de l'UEMOA),
- Cotton: Market Setting, Trade Policies, and Issues (J. Baffes, World Bank),
- Reforming the Cotton Sector in Sub-Saharan Africa (SSA) (Africa Region Working Paper Series No. 47, March 2003), L. Goreux & J. Macrae,
- Investir en zone franc (izf.net) : cliquer sur le nom d'un pays, puis choisir la partie "les études sectorielles",
- Importance of Cotton production and trade in West Africa (OECD, K. Hussein), contribution to WTO workshops on Cotton, Cotonou (23-24 March 2004),
- L’avenir des filières cotonnières ouest africaines : quelles perspectives après Cancun ? (K. Nubukpo, Cirad),
- "Le Coton" à Madagascar : Centre d'Information Technique et Economique de Madagascar.

La filière pakistanaise du coton

Selon le UK Trade & Investment (organisation gouvernementale), le coton et ses produits dérivés représentent plus du tiers des exportations pakistanaises et ce secteur emploie la plus grande partie de la main d'oeuvre industrielle du pays.

Schéma de la filière du Sindh au Pakistan

Source : Comparing the seed cotton and wheat marketing chains in Sindh (H. R. Lohano, L. E. D. Smith, M. Stockbridge) - The Pakistan Development Review (spring 1998)

Pour de plus amples informations sur le coton au Pakistan, se référer aux sites internet suivants :
- Central Cotton Research Institute,
- Cotton standardization and grading: Pakistan (Programme des Nations Unies pour le développement),
- Pakistan Central Cotton Committee,
- pakissan.com.

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