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Politiques
économiques
- Le régime européen de la banane
et le règlement du conflit devant l'OMC Le régime européen concernant la banane et le règlement du conflit devant l'OMC Les pays en développement exportateurs de bananes ont été très fortement affectés par l'évolution du système complexe des quotas tarifaires découlant du Régime de l'Union européenne relatif aux bananes entré en vigueur en 1993, ainsi que par le litige qui s'en est suivi devant l'OMC. Ceci a été en particulier le cas pour les pays dont la dépendance vis-à-vis des exportations de bananes est très importante, comme les pays ACP par exemple.
Avant 1993 il existait trois régimes
d'importations différents au sein de l'Union européenne
:
L'organisation commune des marchés dans le secteur de la banane, instituée par le Règlement (CEE) n° 404/93 du Conseil ("le Règlement n° 404/93"), a remplacé les divers régimes nationaux d'importation de bananes en place jusque là dans les Etats membres. La Communauté a par la suite adopté une législation, des règlements et des mesures administratives mettant en oeuvre et modifiant ce régime. Pour de plus amples informations concernant les normes communes en matière de bananes, y compris les mesures transitoires et spécifiques, consulter le site internet suivant : Activités de l'Union Européen, Synthèses de la législation, Bananes. Les objectifs poursuivis par le
Régime européen étaient les suivants : Le régime applicable aux échanges de bananes se composait des éléments suivants : A) Catégorie d'importations de bananes Le Titre IV du Règlement n° 404/93 envisageait trois catégories d'importations
Source : Article 15.1 du Règlement (CEE) n° 404/93 du Conseil (modifié) et annexe y relative B) Traitement tarifaire et aspects quantitatifs, y compris les allocations par pays
Les bananes traditionnelles ACP (857 700 tonnes au total) entraient en franchise de droits à concurrence de la quantité maximale fixée pour chacun des 12 pays ACP fournisseurs traditionnels (voir le tableau ci-dessous, qui indique aussi la répartition de la quantité admise en franchise au titre des importations non traditionnelles ACP). Quantités de bananes ACP allouées pour l'importation en franchise
Source :
Quantités traditionnelles indiquées dans le Règlement
(CEE) n° 404/93; Quantités non traditionnelles indiquées
dans le Règlement (CEE) n° 478/95. Les quantités traditionnelles ACP n'étaient pas consolidées au sein de la Liste de la Communauté et la réglementation communautaire ne prévoyait pas de relèvement de leur niveau.
i) le "contingent tarifaire de base" Les importations de "bananes non traditionnelles ACP" et de "bananes pays tiers" étaient soumises à un contingent tarifaire (désigné comme le "contingent tarifaire de base"), fixé à l'origine à 2 millions de tonnes (poids net), puis porté à 2,1 millions en 1994 et à 2,2 millions au 1er janvier 1995 (quantités consolidées dans la Liste de la Communauté issue du Cycle d'Uruguay). Le contingent tarifaire pouvait être ajusté sur la base d'un "bilan prévisionnel" de la production et de la consommation dressé chaque année. En 1995 il a été augmenté de 353 000 tonnes pour couvrir les "besoins de consommation et d'approvisionnement" des trois nouveaux Etats membres, l'Autriche, la Finlande et la Suède (supplément non consolidé dans la Liste de la Communauté). En pratique, le contingent tarifaire ouvert pour les importations de bananes non traditionnelles ACP et de bananes pays tiers était de 2,553 millions de tonnes. A ces importations de bananes, la Communauté appliquait les droits suivants : - Bananes non traditionnelles ACP : franchise à concurrence de 90 000 tonnes, réparties entre plusieurs pays ACP désignés et une catégorie "autres" pays ACP (voir, plus haut, le tableau sur les allocations spécifiques ACP); 693 écus par tonne pour les expéditions hors contingent en 1996/97. - Bananes pays tiers : 75 écus par tonne à concurrence de 2,11 millions de tonnes conformément à la Liste de la CE. Le contingent a été augmenté de 353 000 tonnes en 1995. Des quotes parts spécifiques ont été allouées aux pays signataires de l'Accord cadre sur les bananes (ACB) et à la catégorie "autres" (voir le tableau concernant la répartition issue de l'ACB ci-dessus); 793 écus par tonne pour les expéditions hors contingent en 1996/97. ii) l'Accord cadre sur les bananes (ACB) Certains éléments de l'organisation commune des marchés dans le secteur de la banane ont fait l'objet d'une plainte de la Colombie, du Costa Rica, du Guatemala, du Nicaragua et du Venezuela en 1993. Le groupe spécial, établi par les PARTIES CONTRACTANTES du GATT pour examiner la question, a remis son rapport le 11 février 1994 (deuxième groupe spécial sur la banane). En 1994, la CE a négocié l'Accord cadre sur les bananes (ACB) avec la Colombie, le Costa Rica, le Venezuela et le Nicaragua. Les quatre pays d'Amérique latine parties à cet accord avaient accepté de renoncer à demander l'adoption du rapport du deuxième groupe spécial sur la banane. En vertu des dispositions de l'Accord cadre, la Communauté a incorporé à sa Liste des quotes parts spécifiques (dites aussi "contingents spécifiques"), établies en pourcentage du contingent tarifaire consolidé de 2,1 millions en 1994 et 2,2 millions en 1995 comme suit : Répartition issue de l'ACB du contingent tarifaire consolidé ouvert aux fournisseurs de bananes pays tiers et de bananes non traditionnelles ACP
Source : Accord cadre sur les bananes", annexe de la Partie I, Section I-B (contingents tarifaires), Liste LXXX Communautés européennes. Par ailleurs, aux termes de l'ACB, 90 000 tonnes étaient
réservées aux importations de bananes non traditionnelles
ACP en franchise. La majieure partie de ces En outre, si un pays signataire de l'Accord cadre n'était pas en mesure de livrer la quantité qui lui avait été attribuée le manque à livrer pouvait être réattribué aux autres signataires de l'Accord cadre, conformément à leurs parts en pourcentage. Ces règles de réattribution permettaient d'exclure de la redistribution des parties non utilisées d'un contingent tarifaire les pays fournisseurs de bananes autres que les pays signataires de l'Accord cadre. C) Régime de licences (importations des bananes
pays tiers et bananes non traditionnelles ACP dans le cadre du contingent
tarifaire) Pour les bananes pays tiers et les bananes non traditionnelles ACP, les certificats d'importation étaient attribués suivant des procédures complexes, à savoir l': i) attribution sur la base d'une répartition du contingent entre trois catégories d'opérateurs Les certificats d'importation étaient répartis entre trois catégories d'opérateurs d'après les quantités de bananes commercialisées dans les trois dernières années pour lesquelles des chiffres étaient disponibles. Catégories d'opérateurs aux fins d'importations de bananes pays tiers et non traditionnelles ACP soumises aux taux de droits contingentaires
Source : Article 19 du Règlement (CEE) n° 404/93 (modifié) et article 2 du Règlement (CEE) n° 1442/93 (modifié). ii) attribution selon la ou les fonctions Pour pouvoir se prévaloir de la qualité d'opérateurs des catégories A et/ou B, il fallait que les agents économiques aient exercé au moins l'une des fonctions de "commercialisation" des bananes indiquées dans le tableau ci-après durant la période mobile de référence de trois ans (c'est-à-dire la période qui servait à déterminer leurs références quantitatives, soit, pour 1993, les années de 1989 à 1991). Système des fonctions applicables dans le cadre du contingent tarifaire
Source : Article 3 du Règlement (CEE) n° 1442/93 de la Commission (modifié).
Communautés européennes Régime applicable à limportation, à la vente et à la distribution des bananes (AFFAIRE DS27) : Etat récapitulatif
Les Etats-Unis et d'autres pays ont contesté le règlement communautaire sur les bananes, au titre tant de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce de 1994 (le "GATT") que de l'Accord général sur le commerce des services ("AGCS"). La décision de septembre 1997 de lOrgane dappel a été la troisième déclarant le système du régime de la banane de lUE incompatible avec les règles du commerce multilatéral, bien que les rapports des groupes spéciaux du GATT de 1993 et 1994 naient jamais été adoptés. Les Communautés européennes et plusieurs tierces parties ont fait appel de certaines conclusions juridiques, en particulier eu égard au droit des Etats-Unis d'avancer des allegations sans avoir un intérêt juridique dans l'affaire en cause (ce pays na jamais exporté de bananes dorigine nationale vers la Communauté, malgré le fait que les sociétés américaines sont très actives dans les services de distribution dans le secteur de la banane). LOrgane dappel n'a pas retenu la nécessité d'un intérêt juridique. LOrgane dappel sest également fondé sur lintérêt dun Membre à faire respecter les règles de lOMC en raison des possibles effets économiques directs ou indirects dune violation des règles de lOMC. Les pays ACP ont été considerés comme des tierces parties, malgré leur dépendence envers la banane à l'instar des Iles sous le vent, dans les Caraïbes. En raison de leur situation géographique, de leurs conditions naturelles et des coûts du transport, il a étét estimé que ces pays n'auraient pas pu concurrencer la banane en provenance dAmérique Latine sans le régime de lUnion Européenne (UE). Éléments factuels pertinents La controverse autour du régime communautaire concernait deux éléments essentiels de l'organisation commune des marchés dans le secteur de la banane : - les attributions des parts du contingent tarifaire à certains Membres (quantités allouées pour l'importation de bananes ACP en franchise et répartition issue de l'ACB), ainsi que les règles de réattribution du contingent tarifaire; - les procdures de licences d'importation de la CE applicables aux bananes pays tiers et non traditionnelles ACP et notamment les rgles relatives aux catgories d'oprateurs et aux fonctions. Les contingents tarifaires (mais pas les allocations spécifiques) étaient autorisés par les règles du GATT dans le cadre d'une exception à leur interdiction générale prévue à l'article XI; le traitement tarifaire préférentiel accordé aux bananes ACP était couvert par la dérogation accordée pour Lomé (voir ci-dessous). Convention de Lomé et dérogation pour Lomé
Source : Dérogation accordée pour la Convention de Lomé (Documents du GATT L/7539, du 10 octobre 1994, et L/7539/Corr.1; Prorogation de la dérogation (Document WT/L/186 du 18 octobre 1996). Constatations Les rapports du Groupe spécial, tels que modifiés par le rapport de l'Organe d'appel, renferment les constatations et conclusions juridiques qui suivent : - Les allocations spécifiques par pays et les règles de réattribution du contingent tarifaire ont été jugées incompatibles avec les obligations au titre du GATT en matière de non discrimination. En particulier :
- Certains aspects des procédures de licence modifiaient les conditions de concurrence en faveur des bananes traditionnelles ACP et communautaires et étaient pourtant incompatibles avec les obligations en matière de non discrimination qui relèvent du GATT :
- Certains aspects des procédures de licence modifiaient les conditions de concurrence sur le marché communautaire des services de commerce de gros pour les bananes en faveur des fournisseurs de services d'origine communautaire et ACP et étaient pourtant incompatible avec les obligations en matière de non discrimination au titre de l'AGCS. En particulier :
* la distribution de bananes relève de la catégorie CPC "Services de commerce de gros" telle qu'elle est inscrite dans la Liste d'engagements de la CE annexée à l'AGCS (engagement sans limitation en matière de traitement national)
Le nouveau régime d'importation de la banane de la Communauté européenne était conçu comme un processus d'évolution en deux temps vers un régime exclusivement tarifaire (en vigueur le 1er janvier 2006). Faisant suite à d'intenses négociations
au cours de la quatrième Conférence ministérielle
de l'OMC à Doha en novembre 2001, deux dérogations ont
été accordées permettant la mise en uvre
du nouveau régime européen : A) Période transitioire (1er juillet 2001 - 31 décembre 2005) Au cours de la période transitoire de 2001 à 2005, les bananes étaient importées dans le cadre d'un système de contingents tarifaires par le biais de licences d'importation distribuées sur la base des échanges commerciaux antérieurs. Ce système transitoire de contingents tarifaires est entré en vigueur le 1er juillet 2001; il se divisait lui-même en deux phases. i) étape I, phase I (1er juillet 2001 - 31 décembre 2001)
Source : Règlement (CE) no 216/2001 du Conseil du 29 janvier 2001 modifiant le règlement (CEE) no 404/93 portant organisation commune des marchés dans le secteur de la banane La phase I envisageait un contingent tarifaire consolidé (A), ainsi qu'un contingent tarifaire autonome (B) aux volumes respectifs de 2,2 millions de tonnes et 353 000 tonnes (gérés comme un contingent unique). Le tarif appliqué aux importations de bananes dans le cadre des contingents A/B était de 75 euros par tonne, avec une préférence tarifaire de 75 euros par tonne accordée aux bananes ACP. Le tarif appliqué dans le cadre du contingent C était de 300 euros par tonne, avec une préférence tarifaire de 300 euros par tonne accordée aux bananes des pays ACP. ii) étape I, phase II (1er janvier 2002 - 31 décembre 2005) Au cours de l'étape I, phase II, les dispositions applicables à la phase I étaient demeurées en vigueur à l'exception des modifications suivantes : - le contingent tarifaire autonome B avait été fixé à 453 000 tonnes, soit une augmentation de 100 000 tonnes relativement à la phase I; le contingent tarifaire supplémentaire C (réservé aux bananes ACP) avait été fixé à 750 000 tonnes, soit une réduction de 100 000 tonnes relativement à la phase I; - le 1er mai 2004, à la suite de l'adhésion de dix pays d'Europe centrale et orientale aux Communautés européennes, ces dernières ont élargi le contingent tarifaire autonome en y ajoutant 300 000 tonnes métriques pour la période s'étendant du 1er mai 2004 au 31 décembre 2004; pour l'année 2005, la quantité additionnelle avait été fixée à 460 000 tonnes métriques, ce qui portait les contingents tarifaires NPF totaux à 3,113 millions de tonnes métriques, dont 2,2 millions de tonnes métriques étaient consolidées (contingent tarifaire A). Aperçu des résultats :
Source : Eurostat (données extraites ou téléchargées les 20 et 22 juillet 2005). L'analyse effectuée sur la base des chiffres
concernant les importations de bananes des CE-15 indique que la préférence
tarifaire de 75 euros la tonne accordée aux bananes ACP dans
le cadre des contingents A/B n'a pas été suffisante
pour permettre aux bananes de cette origine de rivaliser avec les
bananes de la zone dollar dans le cadre des contingents A/B. Le tarif
du contingent C de 300 euros était quant à lui trop
élevé pour permettre aux importations de bananes de
la zone dollar de rentrer dans le cadre du contingent C. Les tarifs
hors contingent ont été prohibitifs. B) Vers un régime exclusivement tarifaire et une réforme du volet interne dans le secteur de la banane Au 1er janvier 2006, une réforme de lorganisation
commune des marchés (OCM) dans le secteur de la banane a été
engagée. Suite à laccord conclu en 2001 avec les
Etats-Unis, lUnion européenne substituait un régime
uniquement tarifaire au système de quotas dimportation
par région dorigine. Le 31 janvier 2005, la Commission européenne avait notifié à l'OMC son intention de mettre en place un tarif consolidé de 230 euros par tonne pour les importations de banane en régime NPF (nation la plus favorisée), afin de remplacer le système de contingents tarifaires en vigueur, tout en maintenant une préférence pour les pays ACP. Un certain nombre de pays latino-américains exportateurs de banane ont rejeté cette proposition et souhaité une baisse du tarif consolidé à 75 euros par tonne. A l'inverse, les pays ACP ont suggéré une hausse dudit tarif à 275 euros par tonne pour protéger leur accès préférentiel au marché européen. L'arbitre de l'OMC s'est prononcé, le 1 août 2005, contre les taux tarifaires en régime NPF. L'option de l'arbitrage résulte d'une dérogation accordée à l'UE par les Membres de l'OMC, autorisant l'UE à accorder un accès préférentiel au marché aux exportations de banane en provenance des pays ACP à la condition que des tierces parties aient le droit de faire une demande d'arbitrage avant l'entrée en vigueur des futurs tarifs sur la banane (voir l'Annexe au document WT/MIN(01)/15). L'arbitre a jugé que le tarif proposé par l'UE, de 230 euros par tonne, "ne préserverait, au minimum les opportunités actuelles d'accès aux marchés offertes aux fournisseurs bénéficiant du régime NPF" (c'est-à-dire, le niveau tarifaire proposé réduirait de fait les opportunités actuelles d'accès au marché communautaire pour les bananes en régime NPF (non préférentiel) : voir le document WT/L/616). Suite à l'arbitrage, la Commission européenne a présenté le 12 septembre 2005 une nouvelle proposition tarifaire, à savoir 187 euros par tonne pour les fournisseurs de bananes NPF, avec un contingent tarifaire de 775 000 tonnes (en franchise) réservé aux bananes originaires des pays ACP. L'OMC a rendu, le 27 octobre 2005, le second arbitrage concernant la mise en uvre par les Communautés européennes de la dérogation accordée par la Conférence ministérielle de Doha en relation avec leur régime applicable aux bananes. Encore une fois, l'arbitrage de l'OMC a rejeté cette proposition au motif que la rectification tarifaire CE n'aurait pas pour effet "au moins de maintenir l'accès total au marché pour les fournisseurs NPF" (voir le document WT/L/625). Depuis le 1er janvier 2006 un droit de douane de 176 euros par tonne est uniformément appliqué aux importations de bananes, à lexception dun volume de 775 000 tonnes en provenance des pays ACP qui en est exempté. Concernant le contingent de 775 000 tonnes pour les bananes des pays ACP, des mesures transitoires ont été prises au sein du comité de gestion le 2 février 2006. En conséquence, le contingent disponible pour la période du 1er mars au 31 décembre 2006 (615 000 tonnes) a été réparti de la manière suivante: 468 150 tonnes de bananes ACP subdivisées en cinq tranches de 93 630 tonnes gérées conformément à la méthode du « premier arrivé-premier servi »; 146 850 tonnes délivrés à tout opérateur ayant effectivement importé en 2005 dans la Communauté des bananes originaires des Pays ACP. Il reste à voir quel sera l'influence de ce système sur la composition des exportations de bananes ACP vers l'UE. Au lendemain du changement du régime d'importation, une réforme du volet interne dans le secteur de la banane de l'UE a été engagée. Le pilotage de l'analyse d'impact a été confié à un groupe interservices (GPI) composé de représentants de tous les services intéressés de la Commission Européenne. Le GPI a retenu l'exploration de quatre options alternatives: une option de politique inchangée ("Status Quo"); l'intégration des aides aux producteurs de bananes dans le régime du paiement unique (" Découplage "); la détermination d'enveloppes fixes par pays pour financer des aides aux producteurs ("Mémorandum"); la suppression de l'actuel système de soutien au revenu des producteurs dans le cadre de l'OCM et le transfert des ressources consacrées au financement de l'aide compensatoire vers les programmes POSEI (" Intégration aux POSEI "). Document de consultation (Bruxelles, 3 avril 2006) Suite à cette étude d'impact, il a été décidé que l'option POSEI serait retenue. À compter du 1er janvier 2007, le régime d'aide compensatoire a donc disparu pour être intégré dans le régime de paiement unique. Une enveloppe additionnelle de 278,8 millions d'euros a ainsi été ajoutée à la dotation du programme POSEI (programme d'options spécifiques à l'éloignement et à l'insularité) et un montant de 4,5 millions d'euros de crédits supplémentaires a été accordé aux zones de culture de bananes qui ne feraient pas partie des régions ultrapériphériques (et ne seraient donc pas concernées par le programme POSEI). Pour de plus amples informations
concernant le régime de la banane dans l'Union européenne,
le différend devant l'OMC et sa résolution, se reporter
aux sites suivants : L'Accord "Tout sauf les armes" (EBA) entre lUnion européenne (EU) et les pays les moins avancés (P.M.A)'accès au marché international de la banane L'initiative se place dans le cadre du "schéma pluriannuel de préférences tarifaires généralisées" (SPG). Le règlement 416/2001 du conseil du 26 février 2001, plus connu sous l'appellation "tout sauf les armes" octroie un accès libre au marché européen pour les Pays les Moins Avancés (PMA) pour tous les produits en dehors des armes et des munitions, sans restriction de quantité (sauf pour les bananes, le sucre et le riz et ceci pour une période de temps limitée (septembre 2009 pour le riz et octobre 2009 pour le sucre). Pour la période s'étendant du 1 octobre 2009 au 30 septembre 2012, le prix minimum du sucre acheté par l'importateur devrait au minimum représenté 90% du prix de référence. En outre, lorsqu'un pays est exclu de la liste des pays les moins avancés définie par les Nations Unies, il doit également être retiré de la liste des pays bénéficiaires de cet accord. Si ceci est le cas, une période minimale de transition de 3 ans doit être appliquée. Liste des pays les moins avancés comme définie par les Nations Unies
Source : Organisation des Nations
Unies Le Cap-Vert ayant été retiré de la
liste officielle des pays les moins avancés, le règlement
(CE) 1547/2007 de la Commission du 20 décembre 2007, met en place
une période transitoire pour le retrait de la République
du Cap-Vert de la liste des Pour de plus amples informations, consulter les documents
suivants : L'accès au marché international de la banane Un facteur important influençant le commerce de la banane est celui de l'accès au marché. En fonction des pays, les régimes d'importation sont différents. Cette disparité dans les régimes a segmenté le marché international en zones ouvertes et en marchés préférentiels. Plusieurs pays importateurs de bananes maintiennent des régimes d'importation. Selon la F.A.O., il existe une relation directe entre des barrières tarifaires à l'importation élevées, les contingents tarifaires, les obstacles d'ordre réglementaire et un faible niveau de consommation par tête. Pour de plus amples informations concernant les régimes d'importation des bananes, consulter le document suivant : document de la F.A.O. CCP: BA/TF 01/8 : évolution récente des politiques commerciales dans le secteur de la banane. Une autre problématique relative à l'accès au marché réside dans l'application de mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) aux importations de bananes. Elles peuvent être vues de la part des pays exportateurs comme une barrière commerciale supplémentaire. Par exemple, en 2001, l'Équateur a exprimé dans le cadre de l'OMC, des inquiétudes au sujet de l'utilisation des mesures SPS en Turquie qui seraient susceptibles de créer une entrave au commerce. La coopération internationale sur les bananes Pour de plus amples informations concernant des exemples relatifs à la coopération internationale sur les bananes, consulter les liens électroniques ci-dessous : - Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture - Groupe intergouvernemental sur la banane et les fruits tropicaux : considéré comme l'organe international sur la banane, il est le principal forum de discussion sur les questions relatives à cette filière, ses problématiques et les mesures appropriées pour y remédier. Le groupe fournit un forum de consultation et d'étude sur les aspects économiques de la production, de la commercialisation, du commerce et de la consommation avec une attention toute particulière pour les relations entre consommation et prix, le revenu, les obstacles au commerce et les systèmes de distribution ainsi que les opportunités offertes par la consommation mondiale. Ce groupe a également comme mandat l'étude de l'efficacité et des aspects sociaux de l'industrie avec un accent particulier sur l'amélioration des conditions de vie de ceux qui travaillent dans cette industrie; l'examen des problèmes économiques de l'industrie bananière et l'émission de recommandations concernant la commercialisation des bananes de très grande qualité à des prix qui seraient raisonnables à la fois pour les producteurs et les consommateurs. La F.A.O. a établi récemment un Groupe de travail ad-hoc sur la production et Commerce Responsable de la Banane avec pour essence de faciliter le dialogue, la collaboration et les activités conjointes entre les acteurs travaillant sur les questions sociales et environnementales du secteur. Les participants au Groupe de travail possèdent des formations diverses et sont issus notamment des ONG engagées dans la mise en place de standards, de structures de certification et/ou de labellisation. Des auditeurs et des experts environnementaux, des producteurs de bananes et la F.A.O. sont également représentés. Le forum sur la banane ouvert dans le cadre du Groupe des produits horticoles de la F.A.O. a pour objectif de favoriser l'échange d'informations relatives aux évolutions de l'industrie de la banane et de permettre le débat sur les questions concernant les aspects sociaux, économiques, commerciaux et environnementaux qui peuvent résulter de la production et du commerce des bananes. L'Union des pays exportateurs de bananes (UPEB) : l'UPEB est l'organisation internationale des pays producteurs et exportateurs de bananes. Créée en 1974, l'Union a vocation à fonctionner comme un cartel qui contrôlerait l'offre et la demande de bananes. Toutefois, elle n'opère pas de cette manière du fait des problèmes de coordination et d'un manque de ressources financières. Ses États membres sont la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua, le Panama, la République Dominicaine et le Venezuela. Les objectifs poursuivis par l'organisation étaient d'accroître le potentiel du marché et de défendre des prix équitables et rémunérateurs aux exportations de bananes. L'UPEB a pour vocation d'améliorer la coopération technique entre les États membres ainsi la commercialisation dans le but d'optimiser les perspectives d'avenir de la filière. Au cours des années 1990, du fait des différentes visions et attitudes des États membres face à la question du régime européen de la banane, le rôle de l'UPEB a été affaibli. Le fait que l'Équateur, premier exportateur mondial ne soit jamais devenu membre a également contribué à limiter son influence. Dans le cadre d'un accord de coopération avec l'IICA (Interamerican Institute for Agriculture Cooperation), l'UPEB est devenu un centre d'information et de documentation pour les États membres, ayant pour but de limiter les politiques interventionnistes sur les prix et la production. L'UPEB allait dorénavant devenir un forum de discussion pour les pays producteurs d'Amérique latine, prêtant davantage d'attention aux questions techniques, environnementales et sociales. Dernièrement, quelques voix se sont élevées pour demander une réactivation de l'UPEB comme organisation gérant les intérêts des pays exportateurs de bananes avec pour objectif ultime d'atteindre une durabilité sociale, économique et environnementale de l'activité bananière dans les pays en développement. "Caribbean Banana Exporters Association" (CBEA) : la CBEA a été créée à partir de la "Commonwealth Banana Exporters Association". Constituée en 1972, elle avait pour but d'unir les planteurs de bananes de la Jamaïque et des Îles sous le vent, qui étaient des fournisseurs traditionnels du Royaume-Uni. A la suite de la Convention de Lomé en 1975, la Commonwealth Banana Exporters Association est devenue la Caribbean Banana Exporters Association (CBEA) et a été étendue à Belize et au Surinam. Elle a ouvert un bureau à Londres en 1988 afin de défendre ses droits durant la suspension des négociations commerciales. La CBEA s'est engagée dans la campagne de lutte contre les décisions de l'OMC à l'encontre du régime de la banane européen.
United Fresh Produce Association : Basée à Washington D.C., United Fresh Produce Association est le résultat de la fusion entre l'United Fresh Fruit & Vegetable Association (1904) et l'International Fresh-Cut Association (1987) en septembre 2006. Cette association a notamment pour but de représenter l'intérêt de ses membres dans leurs relations avec les autorités publiques et les médias, de leur prodiguer des conseils dans les domaines légaux, politiques, ainsi que de sécurité et de qualité des aliments, d'assister ses membres dans le développement de leurs activités ainsi que leur fournir des sessions et du matériel de formation. European Community Banana Trade Association est l'association qui traite du commerce de la banane en Europe. Fondée en 1992, ses membres sont des entreprises qui commercialisent les bananes sur le marché européen. La principale tâche dévolue à cette association est la représentation des intérêts communs de ses membres sur les aspects relevant de l'Organisation commune des marchés de la banane, son infrastructure générale et ses règles de gestion. C'est également une plate-forme d'information qui fournit des données concernant les évolutions futures de la législation à ses membres (mises à jour régulièrement).
Au cours des années 1990, il y a eu un engagement accru de la société civile au niveau de la filière. La production bananière a des effets à la fois environnementaux et sociaux qui concernent un grand nombre de personnes. Des ONG sont directement impliquées dans l'amélioration de la connaissance de ce secteur et tentent de sensibiliser l'opinion publique quant à la nécessité d'acheter davantage de bananes biologiques et issues du commerce équitable. A côté de cela, elles mènent des campagnes d'information eu égard aux aspects environnementaux et sociaux de la filière. Pour consulter l'exemple de Banana Link (ang, esp, holl, dan et all), entreprise à but non lucratif établie au début de l'année 1996 afin de mener à bien le travail entamé par Farmers' Link concernant le commerce international de la banane, consulter le lien en surbrillance. Cette société travaille dans l'optique de réduire la pauvreté, de minimiser les impacts sur l'environnement de l'activité bananière dans les communautés exportatrices et de parvenir à une économie de la banane durable. Elle travaille en collaboration avec des partenaires latino-américains, des caraïbes, ouest-africains et philippins et avec un réseau d'organisations européennes et nord américaines. Banana Link fait également des recherches, fournit des services pédagogiques et dissémine l'information relative au commerce de la banane. Elle fournit des études spécialisées et des informations sur les tendances du commerce, les domaines d'activité des entreprises, les campagnes et les entrées, au niveau national et international dans une optique de production et de commerce durable de la banane tant d'un point de vue économique, qu'environnemental. Elle travaille avec les petits planteurs et leur apporte son soutien dans les pays producteurs. Elle collabore avec d'autres organisations traitant de questions similaires dans le reste de l'Europe et ailleurs dans le monde. D'autres initiatives sont menées en Europe et regroupées dans le cadre du réseau Euroban (the European Banana Action Network), qui est une fédération de trente ONG européennes concernées par le commerce équitable de la banane. Aux États-Unis, Rainforest Alliance (ang et esp) mène le projet Better Banana. En 1998, une conférence mondiale réunissant tous les acteurs de l'industrie s'est tenue en vue de rechercher une issue équitable au commerce de la banane. Elle a été organisée par l'International Union of Food workers (IUF) et ses partenaires au sein d'EUROBAN. Des unions commerciales, des entreprises multinationales, des gouvernements, des fonctionnaires, des scientifiques, des organisations du commerce équitable et des ONG se sont réunis afin de débattre des mesures concrètes pouvant permettre d'atteindre une économie durable de la filière. La "Charte internationale de la banane" a été présentée comme la base à de futures discussions à tous les niveaux de l'industrie. La Charte définit les composantes sociales, environnementales et économiques de la future économie durable de la banane et met en exergue le rôle potentiel des clauses sociales et environnementales dans les accords de l'OMC, la liberté d'association et les accords collectifs, les codes de conduite des entreprises, le commerce équitable et la réforme du régime d'importation des bananes dans l'Union européenne. Après la conférence, plusieurs initiatives ont été lancées afin de tenter d'aborder l'aspect social de l'industrie. Toutes les parties partagent le même objectif qui est d'améliorer les conditions des personnes employées par les plantations dans les pays exportateurs de banane. La politique nationale des pays exportateurs Dans l'optique de protéger les intérêts des producteurs nationaux, les gouvernements ont eu recours à différents types de politiques économiques. En Équateur ou au Costa Rica par exemple, les autorités ont imposé un prix minimum garanti aux producteurs. Dans d'autres cas, les politiques agraires nationales portant sur le foncier par exemple et la possibilité de l'utiliser en garantie ont dissuadé l'implantation de compagnies étrangères dans le pays. En Équateur par exemple, les multinationales n'ont pas pu planter de bananiers parce qu'elles n'avaient pas accès à la terre. En 1988, le Congrès philippin a adopté la Comprehensive Agrarian Reform Law (CARL) qui offre aux travailleurs des plantations, la possibilité de posséder des terres agricoles ayant été louées à des sociétés multinationales ou à de grands propriétaires ou leur appartenant. Par le biais de ce processus, les travailleurs peuvent devenir propriétaires de la terre alors que les grandes entreprises continuent de commercialiser leurs bananes. Une autre possibilité d'intervention gouvernementale est la mise en place d'une taxe à l'exportation. En fait, l'une des premières mesures prises par l'UPEB a été d'introduire ce type de taxe, ce qui a été rejeté de manière ferme par les multinationales, ouvrant ainsi la voie à la première "guerre de la banane". En août 2002, le gouvernement costaricain, face à la délicate situation de son secteur bananier, a mis en place un fonds de garantie, par le biais de l'émission d'obligations pour une valeur de plus de 75 millions de dollars afin de lutter contre une faillite potentielle des planteurs indépendants. |
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