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- Les conditions de culture
L'anacardier est un arbre endémique du Brésil. Il est aujourd'hui largement exploité dans de nombreuses autres régions du globe, comme en Afrique ou en Asie par exemple et s'adapte à presque tous les types de sols. Cependant il préfère en général les terres meubles et profondes. S'il peut supporter des périodes de chaleur et de sécheresse (40°C est l'idéal, mais pas au-delà de 45°C), l'arbre dans son entier craint le gel. En effet, les jeunes pousses et les fleurs ont beaucoup de mal à résister à des températures inférieures à 7°C. L'anacardier peut pousser aussi bien à l'état sauvage qu'en culture, jusqu'à 1000 mètres d'altitude. Selon la Banque mondiale, la quasi-totalité (97%) de la production d'anacarde serait issue d'arbres sauvages et seulement 3% de plantations. Pour donner des récoltes importantes et saines, l'anacardier a besoin de sols bien drainés, riches et bénéficiant d'un bon apport en eau au cours de la saison sèche (pluviométrie de l'ordre de 1000 à 2000mm/an). Cette saison sèche doit être bien marquée et couvrir une période de trois à quatre mois. C'est un arbre qui supporte aisément d'être planté dans un endroit venteux. C'est notamment pour cette raison et sa faculté à limiter l'érosion des sols, qu'il est souvent utilisé pour fixer le littoral. Avant toute plantation, il s'agira de préparer le sol, de retirer les racines ou souches qui pourraient gêner la croissance de l'arbre, d'effectuer un sarclage et d'enrichir parfois la terre avec de l'engrais (des proportions de 500g d'azote, 100g de phosphore et 250g de potassium par arbre et par an sont préconisées selon l'étude de Kristin Davis, "cashew" publiée en 1999). Si toutes ces précautions sont scrupuleusement respectées, l'arbre pourra donner ses premiers fruits dès la deuxième saison au lieu des cinq généralement nécessaires. Selon les pays, l'environnement climatique, les décisions concernant les plantations seront différentes. Certains choisissent d'effectuer des semis sous forme de graines, alors que d'autres préfèrent les plants. Dans le cas de semis à base de graines, il faudra bien faire attention à ce que celles-ci soient de bonne qualité, d'une grosseur suffisante et exempte de défauts ou d'atteinte parasitaire, le test de flottabilité peut notamment permettre de séparer les deux types de graines (bonnes et mauvaises). Ces graines sont également sélectionnées en fonction des caractéristiques que l'on souhaite attribuer à l'arbre et au fruit. Du fait de leur faible taux de germination, il est généralement conseillé de planter deux voire trois graines par trou à une profondeur de cinq à 10 centimètres dans le sol. Les fleurs apparaissent généralement vers la fin de la saison des pluies aux endroits de la couronne touchés par les rayons du soleil. Il faut donc à l'anacardier beaucoup de lumière pour donner le maximum de rendement. Il est important de prendre en considération cet élément dès le semis de manière à offrir à l'arbre une place suffisante tant en surface qu'au niveau du système radiculaire, très étendu chez ce spécimen (en général un espacement de 10m à 15m est conseillé entre chaque arbre). Dans le cas où les arbres auraient été plantés trop près les uns des autres et se toucheraient, la floraison n'apparaîtrait plus alors que sur une table au sommet de l'arbre et pourrait entraîner une déperdition de la fructification de l'ordre de 30%. Si l'arbre est planté dans des zones bénéficiant de deux saisons sèches, il pourra fleurir à deux reprises au cours de l'année. Le travail d'une plantation d'anacardier s'effectue tout au long de l'année (tuteurage des jeunes plants, élimination des mauvaises herbes). Contrairement à beaucoup de cultures, cette espèce ne supporte pas la taille, il n'est donc pas question de l'élaguer de peur de ne pas voir sa couronne se refaire. C'est aussi pour cette raison qu'une fois devenus peu productifs après une quarantaine d'années, les secteurs devront être rajeunis à travers l'apport de nouveaux arbres. Après la floraison, la fructification a lieu en deux temps. La noix de cajou se développe en premier lieu jusqu'à atteindre sa taille maximale, puis le pédoncule grossit jusqu'à devenir la pomme de cajou. Lors de cette phase, la noix placée sous le faux fruit s'assèche, elle se rétracte et durcit. Une fois à maturité, le fruit se détache de l'arbre et tombe sur le sol où il devra être ramassé très rapidement afin de lui conserver toutes ses qualités et d'éviter qu'il ne soit attaqué par des ravageurs, des insectes ou autres champignons. Les périodes de récolte varient par rapport aux zones géographiques et sont plus ou moins longues en fonction de celles-ci. En Afrique de l'Est, la récolte s'étale sur huit mois débutant en août pour se terminer en mars. En Inde, elle est beaucoup plus courte et court sur les mois de mars à avril (parfois, une récolte plus faible peut être réalisée durant les mois d'octobre et de novembre). Etant donné qu'il est généralement admis que seuls les fruits tombés de l'arbre doivent être récoltés, il s'agit de ne pas laisser passer trop de temps entre deux ramassages (en général pas plus d'une semaine par temps sec et quotidiennement en cas d'humidité importante ou de pluies) afin de faire en sorte que les fruits n'aient pas le temps de se dégrader.
Selon les pays, le rendement de l'anacardier est différent. Il varie en effet en fonction du climat, mais aussi de la fertilité de la terre, des soins qui lui sont prodigués notamment au niveau du choix des semences et de l'entretien des sols. Une connaissance approfondie de l'arbre, de son développement, de sa fructification devrait permettre, en fonction de ses spécificités, de prévoir dès la plantation, le meilleur emplacement pour la disposition des graines ou des plants en vue de l'obtention d'un rendement maximum. On estime qu'un arbre produit en moyenne 15kg de fruits par an sur toute sa vie, avec une pointe vers la dixième années à 30kg. Certains pays se trouvent bien en deçà de ce chiffre. Tel est le cas du Kenya par exemple avec seulement 6kg/arbre. En ce qui concerne la noix de cajou, le rendement mondial était resté relativement stable entre 1960 et la fin de la décennie 1990 à 550kg/ha environ. Toutefois, depuis 1998, celui-ci a progressé de manière continue et assez marquée (+7% de croissance moyenne) entre 1998 et 2005, notamment sous l'influence de la très forte hausse des rendements vietnamiens. Entre 1998 et 2005, au Vietnam, les rendements des noix de cajou ont été multipliés par plus de 2,4 par rapport à leur niveau d'avant 1998 atteingnant finalement 2900kg/ha en 2005. Les
causes de destruction des récoltes :
La rouille pulvérulente (Oïdium sp.) s'attaque aux fleurs de l'anacardier et peut avoir un effet dévastateur sur son rendement. Selon certains experts en la matière, les conditions de déclenchement de ce type d'agression sont les mêmes que pour le manguier. Il n'est donc pas impossible qu'une agression sur la dernière espèce se propage à la première. Pour la prévenir, certains planteurs ont recours au soufre, toutefois, ceci peut avoir pour effet de rendre les sols sablonneux encore plus acides. La rouille pulvérulente est un problème très important notamment en Afrique de l'Est. Ce champignon apprécie les conditions fraîches, humides et les plantes grasses. Il supporte difficilement les températures élevées, ainsi que la concentration importante en rayons U.V.. Il peut se propager en deux jours, par la dissémination de millions de spores dans l'air. Si les exploitants souhaitent améliorer le rendement des anacardiers dans les zones touchées par la rouille pulvérulente sans avoir recours à une solution chimique, ils peuvent élaguer les surgeons des branches inférieures. Cela risque, toutefois, de rendre difficile la reconstitution de la couronne de l'arbre. A côté de la rouille pulvérulente, la maladie rose (corticium, salmonicolor) est un autre type d'agression qui peut aboutir à un dépérissement des branches de l'anacardier. En outre, le Pythium, le Fusarium, le Phytophtora spp et l'anthracnose peuvent conduire à la fonte des semis. Finalement, les "Colletotrichum gloeosporioides" qui se développent dans des conditions humides peuvent entraîner la perte totale de la récolte en s'attaquant aux faux fruits.
Le moustique de l'anacardier (Helopeltis anacardi) est un insecte suceur de sève qui peut causer de graves dommages aux fleurs. Il est le principal ravageur des anacardiers en Asie du Sud-Est (notamment au Sri Lanka et en Inde, ainsi qu'en Afrique de l'Est, principalement en Tanzanie). Une attaque massive de cet insecte peut être à l'origine d'une destruction pouvant aller jusqu'à 80% des branchages. Au Kenya, le Pseudotheraptus wayi qui attaque également les plantations de noix de coco peut faire des dégâts identiques à ceux causés par le "Helopeltis anacardi". A côté de l'Helopeltis anacardi, d'autres parasites tels que les foreurs de tige et de racines, les mites, les vers (provoquant la pourriture) et les chenilles (détruisant les feuilles) sont également dangereux durant la phase de croissance de l'arbre et doivent être considérés dans le cadre d'une politique générale de plantation. En prévention d'une attaque éventuelle, les anacardiers peuvent être pulvérisés à l'aide de pesticides au cours de l'année. Si cette méthode est choisie, l'opération devra être menée à trois reprises : lors de l'apparition des premières feuilles, lors de la floraison et finalement vers le milieu du développement du fruit. Un sarclage régulier préviendra également les risques de feux et d'attaques de ravageurs et permettra d'effectuer une récolte plus aisée.
Kristin Davis, dans son étude "cashew" publiée en 1999 prend l'exemple du Mozambique pour expliquer l'importance de ce phénomène sur les plantations d'anacardiers. C'est en effet dans ce pays, la première cause de destruction de ces arbres. Pour de plus amples informations sur la question des feux de brousse, se reporter à la fiche sur le karité en cliquant ici. |
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